Des villes européennes travaillent ensemble pour rendre la police locale plus proche des citoyens et plus efficace 

Septembre 2026  – Vivre dans une ville sûre est une priorité pour les citoyens européens, dont 75 % vivent en ville, selon l’Eurobaromètre de l’Union européenne. En effet, « la sécurité et la sûreté dans les espaces publics » sont citées comme la principale préoccupation de 36 % des citoyens de l’UE, en deuxième position derrière la « qualité des services publics » (42 %). 

La police locale est un acteur clé (mais pas le seul) pour maintenir et renforcer la sécurité des villes ; c’est pourquoi le Forum européen pour la sécurité urbaine (Efus) œuvre dans ce domaine depuis de nombreuses années. 

Cette police locale revêt différentes formes au sein des 27 États membres de l’UE, mais les principaux défis sont communs : comment la rendre plus efficace ? Comment la rapprocher des citoyens qu’elle soit mieux à même de remplir ses missions ? Comment diversifier et professionnaliser le personnel des forces de police locale ? Comment mieux tirer parti de technologies en constante évolution et opérer dans l’espace numérique ? 

Afin d’étudier ces questions et d’élaborer des réponses innovantes, l’Efus participe actuellement à trois initiatives de coopération européenne, dont deux sont des projets financés par l’UE, en collaboration avec des dizaines de partenaires issus de 14 pays européens : des collectivités locales et régionales, des organismes publics nationaux, des forces de police locales, des universités et des organismes de recherche, ainsi que des institutions internationales. 

Il s’agit de :  

  • EU-POLNET est un réseau de forces de police locales européennes. Opérant au sein de l’Efus, il vise à développer l’expertise et les bonnes pratiques des forces de police locales par le biais d’échanges entre pairs, et à promouvoir leur rôle dans la sécurité urbaine. Les connaissances et l’expertise pratique acquises au sein d’EU-POLNET alimentent les travaux menés dans tous les projets sur lesquels Efus travaille et qui impliquent les forces de police locales, même ceux qui ne sont pas directement consacrés au maintien de l’ordre mais qui présentent un intérêt pour la police. 
  • DIVERPOL (Inclusive and Trust-Based Policing for Diverse Communities) est un nouveau projet mené par la ville de Turin (Italie) et conçu conjointement avec Efus et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies. Il vise à permettre aux forces de police locales de mieux refléter la diversité de la population qu’elles servent et, ce faisant, d’améliorer leurs relations avec les citoyens ainsi que la confiance mutuelle. 
  • KOBAN (Identifying future capabilities for community policing) : mené par la police néerlandaise, ce projet rassemble 17 partenaires dans le but de concevoir une initiative innovante en matière de police de proximité, fondée sur la recherche et la pratique.
Des agents de la police municipale de la ville de Nice ©iStock LIVINUS

Établi en 2024, EU-POLNET est, à notre connaissance, le seul réseau européen de forces de police locales. Il regroupe 23 polices locales dans 12 pays européens (Belgique, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Portugal, Slovaquie, Espagne et Suisse). 

Dans le but d’échanger des pratiques et des connaissances pour améliorer la police de proximité en Europe, le réseau organise des visites de terrain, des académies de police ainsi que des réunions et des webinaires réguliers, en présentiel ou en ligne. 

C’est ainsi que le réseau EU-POLNET s’est réuni à Gdańsk (Pologne) les 23 et 24 septembre pour célébrer le 35e anniversaire de la police municipale de la ville et travailler ensemble sur l’amélioration de et l’innovation dans les services de police de proximité. 

La conférence comprenait des sessions consacrées à l’impact des discours de haine sur la sécurité urbaine, aux travaux menés dans le cadre du projet KOBAN, ainsi qu’à un autre projet financé par l’UE dont l’Efus est partenaire, OSPREY (Online Safety and Security for Protection of Public-Facing Professionals and Democratic Resilience), qui examine comment mieux protéger les professionnels en contact avec le public, tels que les policiers, contre la haine en ligne.    

Prévu pour être lancé début octobre, le projet DIVERPOL (2026-2028) se penchera sur un aspect souvent cité comme un point d’amélioration, tant par les citoyens que par les pouvoirs publics : la diversité des effectifs de police locale, en particulier les agents en contact avec le public. 

Alors que nos villes sont de plus en plus diverses et que nos sociétés semblent de plus en plus fragiles, le renforcement des compétences interculturelles des forces de police, qu’elles soient locales ou nationales, est considéré par les pouvoirs publics, les citoyens et les policiers eux-mêmes comme essentiel pour renforcer la confiance mutuelle et la cohésion sociale. 

L’idée est de favoriser le recrutement de femmes, de personnes LGBTQIA+ et de personnes issues de divers horizons ethniques et sociaux afin de mieux refléter la composition de la population des villes européennes. Cela permettra aux forces de police locales d’être plus en phase avec les citoyens qu’elles servent et contribuera à établir et améliorer la confiance mutuelle. 

L’objectif général de DIVERPOL est de mettre en place un modèle de sécurité urbaine inclusif, axé sur la proximité et fondé sur la confiance mutuelle. Les principaux piliers du projet sont les suivants : 

  • la formation interculturelle : développer des programmes de formation ciblés à l’intention des agents de police locaux, axés sur les droits des personnes LGBTQIA+, la sensibilisation aux minorités ethniques et les compétences interculturelles,
  • la co-conception avec les communautés : mise en place d’un comité consultatif dédié (appelé « CoPmittee ») chargé de travailler directement avec les communautés marginalisées pour concevoir des initiatives locales en matière de sécurité, 
  • recrutement inclusif : élaboration de nouvelles stratégies et de nouveaux formats de recrutement visant à rendre les forces de police locales plus représentatives de la diversité des populations qu’elles servent.

Dans le cadre de KOBAN (2024-2027), l’Efus et ses partenaires organisent actuellement des projets pilotes dans sept villes et provinces : Bruxelles (Belgique), Lisbonne (Portugal), Radom (Pologne), Savonlinna (Finlande), Utrecht (Pays-Bas), Valence (Espagne) et Zaanstad (Pays-Bas). Ces pilotes s’appuieront sur les priorités préalablement identifiées par les villes et les forces de police participant au projet, telles que le harcèlement scolaire, l’amélioration de la confiance entre les jeunes et la police, ou encore le dialogue avec les communautés locales de migrants et de demandeurs d’asile… 

Par ailleurs, des enquêtes ont été menées dans chaque ville ou région partenaire afin de cerner les besoins et attentes des citoyens, notamment en ce qui concerne l’accès à la police locale ainsi que la confiance et les moyens de communication préférés (par exemple, en personne ou par voie numérique). L’objectif est de tester des méthodes et des approches innovantes en matière de police de proximité et de vérifier si elles répondent aux attentes des citoyens. Les résultats pourront ensuite être répliqués dans d’autres villes et/ou régions européennes. 

Photo en haut: la Gran Vía à Madrid (Espagne), juillet 2025 ©iStock Javier Paredes Perez

> Toutes les villes membres de l’Efus sont invitées à rejoindre EU-POLNET. Plus d’informations ici.
> Plus d’informations sur les travaux menés par l’Efus sur la police
> Écoutez nos deux épisode podcast Perception of local police across Europe: views from the inside (en anglais) et Les polices locales au cœur de la coopération européenne : le réseau EU-POLNET