Key insights from the local authorities’ conference on the prevention of radicalisation leading to violent extremism – November 2015, Aarhus

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Vers une alliance des ville européennes contre l’extrémisme violent

Conférence des autorités locales sur la prévention de la radicalisation menant à l’extrémisme violent

18 novembre 2015, Aarhus

Principaux points de la conférence

La conférence d’Aarhus le 18 novembre 2015 a eu lieu au lendemain des attentats de Paris, le 13 novembre, qui ont fait 130 mort. Ceci a donné une force particulière aux messages exprimés dans les présentations et rendu encore plus urgentes la prévention et la répression du radicalisme menant à la violence extrême. Cet article résume les principaux enseignements et conclusions de la conférence. 

Ahmed Aboutaleb joined on a video speech. Conference “Towards an alliance of European cities against violent extremism” cohosted by European Forum for Urban Security (Efus) on November 18, 2015.

Le travail de prévention est local

Les maires et représentants d’autorités locales d’un grand nombre de pays européens, ainsi que les quelques invités de régions hors d’Europe, étaient tous d’accord pour relever que le travail préventif est meilleur au niveau local. Les réseaux locaux réunissant autorités politiques, services sociaux, écoles et autres praticiens de première ligne, ainsi que la société civile, les mosquées et les familles et proches sont particulièrement à même de suivre de près les individus qui ont succombé au radicalisme ou sont en risque de le faire. C’est pourquoi les autorités locales doivent être unies et travailler davantage ensemble pour échanger leurs expériences et bonnes pratiques.

Plusieurs présentations ont montré clairement que de nombreuses mesures ont déjà été mises en place dans les villes européennes, notamment :

  •     le modèle d’Aarhus (DK) fondé sur une collaboration étroite entre les écoles, les services sociaux et la police ;
  •     la boîte à outils de Brent (GB) pour la formation des praticiens de première ligne afin qu’ils puissent dialoguer pour prévenir les discours radicaux ;
  •     le modèle d’Augsbourg (DE) selon lequel une collaboration étroite avec les autorités fédérales a donné lieu à plusieurs initiatives pour encourager la cohabitation pacifique dans une société multiculturelle.

Bien qu’ils soient difficiles à évaluer, dans la mesure où la prévention demande du temps pour donner des résultats, ces exemples et bien d’autres montrent l’intérêt de créer une large base de données commune de connaissances pratiques. Il s’agit de la partager avec le plus grand nombre de communautés locales afin qu’elles puissent en profiter.

Il n’existe pas de modèle standard. Chaque ville doit prendre ses propres mesures, en fonction du contexte démographique, économique, politique et de l’infrastructure locale. De même, les collaborations possibles entre autorités régionales et nationales varient d’un pays à l’autre.

Les présentations ont aussi révélé une sorte de continuum dans la perception du travail préventif : certains sont pour adopter des approches très douces centrées sur les individus alors que d’autres veulent combiner la prévention avec des mesures répressives plus dures. Une bonne partie des débats était consacrée aux méthodes que peuvent utiliser les autorités locales pour mettre en place les meilleurs outils et programmes, plutôt que de copier-coller des modèles tout faits. La plupart des participants étaient d’accord sur ce point.

Une approche européenne commune

La conférence a aussi souligné la nécessité de penser au-delà des frontières. Les événements récents montrent que le radicalisme n’a pas de frontières, comme l’a relevé un participant. C’est pourquoi les autorités locales doivent aussi adopter une perspective plus large et internationale lorsqu’elles mettent en place des processus locaux. Il ne faut pas oublier que l’Europe est devenue une société multiculturelle, comme en témoignent les interventions de nombreux maires de municipalités où coexistent de nombreuses nationalités.

Le besoin de dialoguer

Les interventions ont également pointé le besoin urgent de dialoguer de manière inclusive avec les communautés d’où proviennent les extrémistes afin de prévenir le radicalisme. Mais cette idée soulève aussi beaucoup de questions. Comment amorcer un dialogue avec des gens qui ne veulent pas dialoguer ? Comment approcher certains groupes de population sans les stigmatiser ? Et qui doit faire le premier pas ? Il semble qu’il y ait un dilemme constant chez les autorités locales : comment combiner la cohésion sociale locale et les droits de l’homme individuels avec la résistance aux comportements radicaux ? Il semble qu’il y ait un sentiment de solitude assez répandu à ce sujet, ce qui rend d’autant plus nécessaire de créer des plate-formes d’échanges d’expériences entre pairs.

L’expression « courage politique » a aussi été utilisée dans ce débat. Il semble difficile de nommer certains problèmes par peur de discriminer certains groupes de population dans le débat public.

Une déclaration pour continuer le travail

La déclaration d’Aarhus présentée à la fin de la conférence a résumé l’ensemble du débat et affirmé l’engagement des autorités locales à mener la lourde tâche de prévenir la radicalisation menant à l’extrémisme violent. Un tel effort doit être reconnu à l’échelle nationale et internationale, de même que doit être reconnu le potentiel très important de ce vaste réseau de représentants d’autorités locales. Le travail de prévention a besoin de cette reconnaissance mais aussi des ressources adéquates.

Ainsi, la déclaration d’Aarhus appelle à une reconnaissance au plus haut niveau du rôle des autorités locales dans la lutte contre l’extrémisme en Europe et au-delà.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://citiesagainstextremism.eu/