Les autorités locales débattent des opportunités et des risques présentés par les médias sociaux pour les politiques locales de sécurité

Also in... (English)

Paris, octobre 2016 – Comment les autorités locales utilisent-elles les médias sociaux pour renforcer leur politique locale de sécurité ? Quels sont les opportunités et les risques présentés par les médias sociaux dans ce domaine ? Comment protéger les libertés fondamentales et favoriser la participation citoyenne ? Telles étaient quelques unes des questions abordées lors de l’atelier sur le rôle des médias sociaux dans la sécurité locale, organisé par l’Efus le 4 octobre à Paris dans le cadre du projet européen Medi@4Sec, dont il est partenaire.

P1120440Des représentants de 11 villes et régions membres et deux chercheurs participaient à cette journée de travail. Sebastian Denef, chercheur associé à l’Institut Fraunhofer IAO en Allemagne, un centre de recherche de pointe spécialisé dans les modèles et les process économiques, a présenté ce que le projet appelle « le bon, la brute et le truand » (the good, the bad, and the ugly) dans les médias sociaux. Le bon aspect est que les médias sociaux ouvrent la voie à la communication directe et une plus grande confiance entre citoyens et autorités. L’aspect brut est la présence d’organisations illégales sur le web et le risque de se faire justice soi-même. Le truand est le web noir (dark web), les trolls et les activités illégales qui sont dangereuses et difficiles à repérer et réprimer.

Ensuite, quatre exemples d’utilisation des médias sociaux par les autorités locales ont été présentés. La Haye a mis en place une plate-forme en ligne pour l’échange d’information sur la sécurité locale entre la police, l’autorité locale et les citoyens, ont expliqué Marielle den Hengst, de l’Université de Delft, et Erwin Rouwenhorst, de la mairie de La Haye. En région Emilie Romagne (IT), le gouvernement régional met en place un programme de formation de la police locale sur l’utilisation des médias sociaux, en coordination avec les municipalités locales, a exposé Samanta ArsaniPaulo Anjos, de Setúbal (PT), a présenté l’appli développée pour les résidents locaux qui leur permet de contacter la police en cas d’urgence et d’être facilement repérés par géolocalisation. Darshan Santini, de l’Institut de recherche Idiap de Lausanne, a évoqué le projet de recherche mené à Lausanne et Zurich (CH) pour étudier les comportements des noctambules et l’utilisation des espaces publics la nuit, grâce aux médias sociaux.

La deuxième partie de l’atelier était consacrée aux échanges entre les participants. Une priorité est de communiquer de façon adéquate avec les citoyens et de savoir quelles informations partager. Un autre aspect important est la nécessité de former les équipes. La question du recrutement de professionnels externes de la communication en ligne a aussi été posée. Enfin, les participants ont souligné l’importance de communiquer en plusieurs langues afin de toucher tous les groupes de population.

Initié en juin 2016 pour une durée de deux ans, Medi@4Sec est financé par l’UE dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020 et piloté par l’Université de Warwick. L’objectif est d’examiner comment utiliser des médias sociaux contre la criminalité et le sentiment d’insécurité tout en préservant les libertés fondamentales. En tant que partenaire du projet, l’Efus est en charge de collecter de l’information sur l’expérience des autorités locales en matière d’utilisation des médias sociaux pour la sécurité afin de faire ressortir leurs besoins et attentes et d’informer des recherches adaptées.

Hormis Efus, les partenaires du projet sont le Centre pour les études de sécurité (Kentro Meleton Asfaleias, KEMEA) (GR), la police locale de Valence (SP), l’Organisation européenne pour la sécurité (European Organisation for Security, EOS) (BE), le Centre Fraunhofer pour l’innovation responsable (DE), l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée (TNO) (NL), la police d’Irlande du Nord (GB), la société de développement de software et de conseil Xlab Razvoj (SL), et l’Université d’Utrecht (NL).

Pour en savoir plus sur le projet, rendez-vous sur http://media4sec.eu