Les stratégies et pratiques locales contre la discrimination examinées lors d’un séminaire à Vienne

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Vienne, Autriche, mars 2017 – Dans le cadre du projet « Just and Safer Cities for All » (JUST) cofinancé par le programme de l’Union européenne Droits, Égalité et Citoyenneté, l’Efus a organisé un séminaire de deux jours sur « La prévention et la lutte contre la violence discriminatoire au niveau local », les 2 et 3 mars à Vienne, Autriche. Cette initiative a reçu le soutien de la municipalité de Vienne et de la représentation de la Commission européenne en Autriche.

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Visites de terrain autour de quatre initiatives locales contre la discrimination et l’intolérance

Une centaine de participants – élus locaux, magistrats, représentants des autorités locales, des institutions européennes, d’organisations de la société civile, d’universités et autres instituts de recherche, et entreprises privées – se sont réunis à la Maison de l’Union européenne (Haus der Europäischen Union) pour débattre des stratégies locales contre la discrimination, l’intolérance, la haine et autres formes de violence discriminatoire en Europe. Les objectifs du séminaire étaient d’échanger sur les stratégies contre la discrimination, l’intolérance, la haine et autres formes similaires de violence et de réfléchir à des solutions pour améliorer l’approche locale pour la prévention de tels phénomènes.

Le séminaire a débuté par quatre visites de terrain autour d’initiatives mises en places à Vienne : une association de soutien aux victimes du racisme (ZARA) ; un centre de soutien aux victimes de violence de genre ; le bureau municipal des droits de l’homme, et un hôtel MagDas, initiative visant à aider les réfugiés à trouver du travail.

Après ces visites, le séminaire a été introduit par des présentations de Shams Asadi (chargé des Droits de l’homme, municipalité de Vienne), Petra Polgar (représentation de la Commission européenne en Autriche) et Erich Marks (président par intérim de l’Efus), qui ont tous souligné combien il est important que les autorités locales participent à la lutte contre la discrimination, notamment en coopérant avec un large partenariat local. Ils se sont aussi félicités du soutien apporté par la Commission européenne à un projet sur un sujet si important.

Perspective européenne sur la violence discriminatoire

La première journée du séminaire a été consacrée à débattre sur la violence discriminatoire à partir d’une perspective européenne. Le Professeur Jon Garland a présenté les concepts de violence discriminatoire et de crime de haine ainsi que les formes et phénomènes de violence motivée par la haine et l’intolérance en Europe, avant de conclure en proposant dix idées pour améliorer le soutien aux victimes de la haine et de l’intolérance à l’échelon municipal.

Ensuite, une table ronde sur « Contrer la violence discriminatoire en Europe – Défis et priorités » a été introduite par Petra Polgar (Maison de l’UE) et animée par Moritz Konradi (Efus). Les intervenants Gerald Schöpfer (Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe, ECRI), Niraj Nathwani (Agence européenne des droits fondamentaux, FRA) et Larry Olomofe (Bureau pour les institutions démocratiques et les droits de l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ODIHR – OSCE) ont débattu des stratégies européennes contre la haine et l’intolérance. Ils ont souligné la nécessité de renforcer la coopération pour contrer la discrimination et la violence et protéger les droits fondamentaux des minorités en Europe, ainsi que l’importance des initiatives locales. Ils ont également présenté les politiques et activités de leurs institutions respectives face aux récents événements politiques en Europe et répondu à de nombreuses questions du public.

Les participants ont ensuite été accueilli par Peter Florianschütz, membre du Conseil municipal de Vienne, pour un dîner offert par le maire et gouverneur de Vienne, Michael Häupl.

Approches locales contre la violence discriminatoire

La deuxième journée du séminaire était centrée sur les approches locales contre la violence discriminatoire. Lors d’une table ronde animée par Pilar De La Torre (Efus), des techniciens locaux ont présenté quelques exemples de bonne pratique.

Natasha Plummer et James Tate (Bureau de la mairie de Londres pour la police et contre le crime / Mayor’s Office for Policing And Crime, MOPAC) ont présenté les initiatives contre les crimes de haine prises dans le cadre de la stratégie globale de la municipalité de Londres, notamment l’appli qui permet aux victimes et aux témoins de dénoncer les incidents.

Patrick Charlier (Centre interfédéral pour l’égalité des chances de Belgique, UNIA) a expliqué comment cette organisation soutient la police locale et les procureurs pour qu’ils agissent plus efficacement dans les cas de violence discriminatoire.

David Martín (Unité Diversité de la police de Madrid, Espagne), a souligné que l’existence-même de cette unité est la preuve de la détermination de la ville à combattre la discrimination ainsi que l’importance d’améliorer les relations police-population.

Hans-Georg Schuhmacher, de la ville de Mannheim, en Allemagne, a présenté la « Coalition pour la diversité », un réseau créé par la ville pour encourager les acteurs locaux à coopérer et reconnaître la diversité des communautés locales, contrer la discrimination et promouvoir l’égalité des chances.

Atelier sur les formes spécifiques de discrimination

Les participants ont ensuite participé à un atelier sur les formes spécifiques et les phénomènes de violence discriminatoire, qui était organisé en quatre groupes animés par les experts et les partenaires du projet.

Les thèmes étaient la violence discriminatoire contre les migrants et les réfugiés (Rui Costa, Association portugaise d’aide aux victimes, APAV), les femmes (Birgitt Haller, Institut de recherche sur les conflits, IKF, Autriche), la communauté LGBT (Angela Schwarz, Bureau de la municipalité de Vienne pour les modes de vie de même sexe et transgenre, WASt) et les personnes handicapées (Gertraud Kremsner, Université de Vienne).

Les quatre groupes ont travaillé sur des recommandations pour contrer au niveau local ce type de violence avec le soutien des autorités locales, et ont insisté sur une série de points : la nécessité de forger des partenariats locaux ; l’importance de mener des campagnes de sensibilisation ; voir les maires et les autres élus plus visiblement engagés dans des stratégies contre la haine et l’intolérance ; offrir des services de soutien aux victimes accessibles dans la communauté ; faciliter les procédures de dénonciation et plainte pour encourager les victimes et témoins à signaler les incidents, et les efforts nécessaires pour former les professionnels tels que les forces de l’ordre et les journalistes à la gestion locale des incidents de violence discriminatoire et de haine.

Des propositions débattues lors de la conférence internationale « Sécurité, Démocratie & Villes »

Lors de la dernière table ronde, animée par Elizabeth Johnston, déléguée générale de l’Efus, les représentants des autorités locales ont repris les propositions faites en atelier et renouvelé leur engagement contre la haine et l’intolérance en identifiant les voies possibles d’amélioration.

Parmi les intervenants figuraient Shams Asadi (Vienne), Giuditta Lembo (Région Molise) et Thomas Weninger (Association des villes autrichiennes). Les propositions élaborées en atelier seront débattues dans le cadre des activités du projet JUST et par le Comité exécutif de l’Efus. De plus, elles seront intégrées à la conférence internationale « Sécurité, Démocratie & Villes » 2014 et au nouveau manifeste qui sera débattu et adopté lors de cet événement.