Manifesto Day in Sosnowiec, Poland, gathers some 80 stakeholders on the topics of school violence and school dropout

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Sosnowiec, Pologne, 14 novembre 2013 – L’invitation du maire de Sosnowiec, Kazimierz Górski, à débattre autour du Manifeste d’Aubervilliers et Saint-Denis, en utilisant ce document comme une base pour discuter de la situation à Sosnowiec, a débouché sur une initiative originale : le rassemblement d’un large éventail d’acteurs impliqués dans la lutte contre la violence à l’école et le décrochage scolaire.

Le Manifesto Day qui a eu lieu le 14 novembre à Sosnowiec, en Pologne, était le dernier événement organisé dans le cadre de l’initiative ‘Sharing the Manifesto’. Il a rassemblé près de 80 personnes à la mairie de la ville : le maire et son adjointe, plusieurs membres du conseil municipal, des représentants de divers services municipaux, des agents des polices locale et nationale, des enseignants, des conseillers éducatifs, des travailleurs sociaux, des psychologues, des universitaires, des associations, ainsi que le président du conseil municipal de la jeunesse, qui représente la population étudiante.

Situé au sud de la Pologne, Sosnowiec était dans le passé un centre minier et sidérurgique. Mais la ville a connu de profonds bouleversements ces vingt dernières années. En dépit de ces difficultés, la ville n’a pas particulièrement de problèmes d’insécurité ou de violence à l’école. Cependant, quelques incidents ont alerté les autorités municipales, qui ont décidé d’anticiper plutôt que de réagir après-coup. “Aujourd’hui, les écoles ne font pas seulement de l’enseignement et de l’éducation ; elles doivent aussi gérer les problèmes des élèves,” a déclaré M. Górski, en précisant que c’est pour cette raison que la mairie a décidé de travailler dans ce domaine.

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Les défis de l’éducation à l’échelle locale étaient aussi le thème de l’intervention de l’adjointe au maire, Agnieszka Czechowska-Kopeć, lors de la session thématique sur la violence à l’école de la conférence 2012 sur le futur de la prévention, à Aubervilliers et Saint-Denis. Depuis, Mme Czechowska-Kopeć utilise le Manifeste -dont la traduction en polonais a été gérée par la mairie- comme source d’inspiration pour le travail qu’elle mène à Sosnowiec.

“Le débat autour du Manifeste est une occasion pour les acteurs locaux de se demander où ils sont aujourd’hui et où ils veulent aller,” a déclaré Tomasz Niedziela, président de la Commission pour le Développement et la Protection de l’Environnement du Conseil municipal de Sosnowiec, qui présidait la séance. Les participants avaient reçu auparavant le Manifeste, en version polonaise, et en avaient discuté au sein de leurs institutions respectives.

La plupart des participants ont souligné qu’ils travaillent dans la même ligne que celle exprimée dans les recommandations du Manifeste. En particulier, ils sont convenus que les enfants doivent être vus de façon holistique, c’est-à-dire pas seulement comme des étudiants mais aussi en fonction de leur situation de vie et de leur famille. Les cas de pauvreté extrême sont très difficiles parce que la pauvreté nuit au travail scolaire et empêche les enfants de saisir les opportunités que leur offre l’école. De plus, ce genre de situation se répercute d’une génération à l’autre. Ainsi, des travailleurs sociaux ont expliqué que parfois, ils sont en contact avec trois générations au sein d’une même famille. Ils ont souligné l’importance de rompre le cercle vicieux de la pauvreté, du manque d’éducation et du manque d’opportunités, ce qui peut se faire par des actions très concrètes comme de distribuer des vêtements et de la nourriture.

Le consensus général était aussi que l’école doit fonctionner autour des besoins des enfants, comme le recommande le Manifeste. Les participants ont insisté sur la nécessité de chercher la “clé” qui débloque le potentiel de chaque élève, en citant les cas d’enfants qui ont réussi à surmonter leurs difficultés et sont devenus de bons élèves.

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Mais tous les sujets n’ont pas fait consensus. Ainsi, il y a eu un débat passionné sur la notion d’attractivité de l’école. Certains, comme les représentants des étudiants, défendaient l’idée d’une école plus attrayante qui utilise des méthodes pédagogiques alternatives afin de créer un environnement stimulant pour l’apprentissage. D’autres étaient de l’avis que l’école ne sert pas à s’amuser et que les mauvais comportements doivent être sanctionnés. Mais la majorité a jugé cette position trop simpliste parce qu’elle ne tient pas compte de la réalité et des problèmes des familles marginalisées.

Un autre thème de débat intéressant était l’utilisation de la vidéosurveillance à l’école. Certains participants ont affirmé que le Manifeste est trop restrictif à ce sujet tandis que d’autres ont souligné que la surveillance n’est pas une solution mais bien plutôt une façon d’imposer la discipline qui ne tient pas compte des problèmes sous-jacents. Le consensus est qu’il convient de mener un audit détaillé pour chaque situation spécifique, afin de déterminer si la vidéosurveillance est une bonne réponse.

Sosnowiec a déjà mis en place une séries de mesures de prévention de la délinquance, comme l’ont souligné les représentants de la police qui sont intervenus pendant cette journée. La police de Sosnowiec a ainsi mené plusieurs campagnes de prévention dans les écoles, tandis que la municipalité a mis en place un programme de prévention précoce intitulé “le pays des lucioles”. Aujourd’hui, il est nécessaire d’adopter une approche plus intégrée, avec davantage de coopération entre les différents acteurs. Mais cela soulève la question de comment échanger l’information et garder le secret professionnel.

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En tant qu’invitée européenne, Anne Girond, du Conseil général du Val d’Oise, qui est membre du Comité exécutif du Forum Français pour la Sécurité Urbaine (FFSU), a remarqué que bien que les contextes polonais et français soient très différents, les deux pays ont aussi des préoccupations communes.

Elle a présenté l’important travail mené en France pour renforcer la coopération et la confiance entre les différents acteurs qui interviennent dans les domaines de l’éducation et de la sécurité. Elle a souligné que les travailleurs sociaux peuvent faire de la médiation entre les élèves, les parents et l’école.

Pour leur part, des chercheurs de l’Université jagellonne de Cracovie ont donné des conseils pratiques pour la prévention sociale et des recommandations pour prévenir la violence de genre dans l’environnement scolaire.

La maire adjoint, Agnieska Czechowska-Kopec, a conclu en affirmant que ce Manifesto Day qui a permis d’échanger avec des représentants de la société civile était le point de départ d’une collaboration avec les citoyens qui sera renforcée à l’avenir.

Présentations (en polonais)

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