Projet BRIDGE : des audits pour définir la polarisation au niveau local

bridge coordination meetingBarcelone, Espagne, novembre 2019 – La polarisation prend des formes multiples. Dans les villes, les opinions se fracturent autour de thématiques variées. C’est ce que les partenaires du projet BRIDGE visant à « renforcer la résilience pour réduire la polarisation et la montée de l’extrémisme », mené par l’Efus, ont mis en exergue lors d’un séminaire et d’une réunion de coordination, la deuxième depuis le début du projet, (janvier-2019 – décembre 2020) à Barcelone (ES) les 14-15 novembre.


> Audits de polarisation dans les villes partenaires

La première journée était consacrée à la présentation des audits de polarisation menés dans les 13 villes partenaires* grâce à l’outil méthodologique proposé par les experts du projet. Il s’agit de l’ONG allemande Ufuq.de, qui promeut le pluralisme et la cohésion sociale au travers de l’éducation sociale, de la prévention et de la recherche ; du Real Instituto Elcano, un think tank espagnol qui promeut la démocratie et la coexistence pacifique au travers d’études sur les relations internationales ; de Markus Pausch, professeur au département Travail social et Innovation sociale de l’Université des sciences appliquées de Salzbourg (AT) ; Tim Chapman, professeur invité à l’Université de l’Ulster (Irlande du Nord) et spécialiste de la justice restauratrice, et Eolene Boyd-MacMillan, associée principale de recherche au département de psychologie de l’Université de Cambridge. L’Efus a aussi apporté son expertise en la matière.

Ces audits locaux identifiant les lignes de fracture autour desquelles les opinions se polarisent dans les villes partenaires serviront de base à la définition des projets pilotes que celles-ci développeront dans la prochaine phase du projet. Ils ont révélé quatre grands thèmes qui divisent : laïcité / religion ; migrants nouvellement arrivés du Moyen-Orient et d’Afrique / résidents locaux ; police / population, et groupes extrémistes / groupes modérés.


> La polarisation plurielle Ă  l’ère de l’incertitude 

La deuxième journée a été consacrée à un séminaire sur la polarisation, qui a été introduit par une présentation de Markus Pausch intitulée « La polarisation plurielle à l’ère de l’incertitude ». Il a mis l’accent sur les différents types de polarisation à l’oeuvre dans la société aujourd’hui et au cours de l’histoire.

Ainsi, on peut distinguer la polarisation « bénigne », qui peut avoir comme résultat de démocratiser la société, et celle qui est « pernicieuse » et fait le lit des régimes répressifs et autoritaires. De même, a-t-il expliqué, on peut distinguer la polarisation qui vient de la base, telle le Printemps arabe ou le mouvement des Gilets jaunes, et à l’inverse celle qui est initiée d’en haut comme le Brexit au Royaume-Uni ou le conflit en Ukraine orientale (où des groupes soutenus par la Russie sont en conflit armé contre le gouvernement). Pour le professeur Pausch, « une démocratie inclusive peut prévenir la polarisation pernicieuse ou du moins la transformer en polarisation bénigne ».


> Mitiger localement la polarisation

Ensuite, les participants ont travaillé par petits groupes autour des questions suivantes : Comment pouvez-vous intervenir pour mitiger la polarisation dans votre localité et prévenir une montée potentiellement violente de celle-ci ? Quels réseaux et partenariats, quelles capacités et compétences devez-vous renforcer afin de mener une telle action ? Quel est votre objectif, quelle est votre vision pour votre ville ?

Suite à ces discussions, les partenaires sont arrivés à la conclusion que le manque de cohésion sociale est l’une des causes principales de la polarisation dans leur environnement local. De surcroît, ils sont convenus que les objectifs clés de leurs projets pilotes sont d’une part de renforcer celle-ci et d’autre part de mettre fin ou à tout le moins d’atténuer la violence qui peut découler de cette carence et des fractures sociales qui en résultent.


> Les prochaines Ă©tapes du projet

Au cours des prochains mois, les villes partenaires vont développer et mettre en oeuvre leurs projets pilotes. À l’issue de ce travail, le projet produira une série de recommandations et de webinaires à destination de toutes les autorités locales européennes intéressées pour les aider à repérer et réduire d’éventuels phénomènes de polarisation sur leur territoire.


* Bruxelles (BE), Conseil départemental du Val d’Oise (FR), Düsseldorf (DE), Gouvernement de Catalogne (ES), Genk (BE), Igoumenitsa (GR), Louvain (BE), Reggio Emilia (IT), Région Ombrie (IT), Rotterdam (NL), Terrassa (ES), Stuttgart (DE), Vaulx-en-Velin (FR)


En savoir plus sur le projet BRIDGE

Contact à l’Efus : Moritz Konradi, chargé de mission (konradi@efus.eu)

et Eszter Karácsony, chargée de mission (karacsony@efus.eu)