Willem van der Brugge, Secrétaire général de la Confédération européenne de la probation (CEP) : « La coopération avec les autorités locales devrait être un processus naturel »

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L’Efus a interviewé Willem van der Brugge à l’occasion du premier Congrès mondial de la probation, qui a eu lieu à Londres du 8 au 10 octobre 2013.

Efus: Présentez-nous la Confédération européenne de la probation et ses activités…

WVDB PictureWillem van der Brugge : La Confédération européenne de la probation (CEP) a été établie en 1981 comme l’organisation professionnelle du secteur de la probation en Europe. Nos membres sont des organisations et des individus qui travaillent dans le domaine de la probation. Notre objectif est de rassembler les praticiens, les gestionnaires, les universitaires et tous les autres acteurs qui travaillent dans le domaine de la probation et de la justice pénale, partout en Europe. La CEP est en contact étroit avec Bruxelles et Strasbourg, où nous représentons notre réseau auprès des institutions européennes. Nous participons à des projets européens et organisons des événements internationaux avec de nombreux partenaires.

Conjointement avec trois organisations, EuroPris, le Forum européen pour la justice réparatrice (EFRJ selon le sigle en anglais) et Victim Support Europe, nous avons établi en 2011 la Plateforme européenne de la justice pénale (Criminal Justice Platform Europe, CJPE). Il s’agit d’une alliance stratégique qui a pour objectifs d’une part de mieux nous connaître et de nous soutenir mutuellement dans nos efforts pour réduire la récidive et l’impact de la criminalité et d’autre part d’améliorer les méthodes de travail avec les victimes, les communautés et les délinquants dans tous les pays européens.

 

Quel est selon vous le rôle des autorités locales en matière de probation? Que pensez-vous du Manifeste d’Aubervilliers et Saint-Denis de l’Efus ?

Fondamentalement, la probation a pour objet de faire justice et de rétablir les droits de l’homme. Il s’agit de faire non seulement ce qui est juste pour la société mais aussi ce qui est le mieux pour le délinquant. Les services de probation se trouvent au coeur de la communauté. La coopération, voire la complémentarité, avec de nombreuses autorités locales devrait même être un processus naturel, par exemple avec les organismes de santé et de logement. Les Veiligheidshuizen, ou Maisons de la Sécurité, aux Pays-Bas sont un excellent exemple de coopération entre les différents acteurs de la justice pénale et la société civile.

Le Manifeste de l’Efus et ses 19 recommandations est un guide pour les autorités locales, mais aussi pour des organisations telles que les services locaux de probation, qui permet d’améliorer durablement la sécurité des citoyens au travers de la coopération. Le Manifeste d’Aubervilliers et Saint-Denis confirme avec force que les citoyens veulent participer aux débats et à la prise de décisions en matière de politiques de sécurité locale. En particulier, les recommandations sur la prévention de la récidive, les addictions et la drogue, et la gestion des risques urbains méritent une attention particulière en ce qui concerne la probation.

 

Les politiques de probation sont en train de changer dans de nombreux pays européens. Après le succès du Congrès mondial de la probation, organisé à Londres du 8 au 10 octobre 2013, comment voyez-vous l’évolution de la probation dans les cinq prochaines années ?

Le Congrès mondial de la probation a confirmé l’intérêt global envers la probation. Le congrès a été une plateforme d’échange de pratiques et de connaissances. La collaboration est clé pour rendre des services effectifs et c’est pourquoi les directeurs généraux de la probation (DG) en Europe ont inclus un article à ce sujet dans la déclaration finale de la réunion des DG à Oslo. La CEP avait en effet invité les DG à Oslo en avril 2013 afin de tracer la voie pour l’avenir de la probation en Europe. Le titre de la déclaration finale adoptée lors de cette réunion, « Probation, réinsertion et réparation », fournit un cadre pour les gouvernements et les services de probation.

Dans un premier article optimiste, les signataires reconnaissent les avancées positives comme par exemple l’innovation et l’utilisation de plus en plus fréquente des sanctions communautaires. Les DG concluent aussi que le corpus théorique et de recherche sur la désistance peuvent être considérés comme des suppléments précieux à la politique existante. Un autre article souligne que le secteur de la probation doit toujours être conscient du potentiel de la médiation et des pratiques de réparation.

Le secteur de la probation en Europe est en constante évolution et je crois que la déclaration finale d’Oslo est une bonne feuille de route pour les cinq années à venir.

Téléchargez la déclaration d’Oslo sur le site web du CEP 

Plus d’information sur le CEP sur son site web, qui est conçu comme une base de connaissances sur les sujets liés à la probation. Vous pouvez à partir du web vous inscrire à la newsletter de la CEP, en français, et suivre les activités de la CEP sur Twitter.