Masculinité et culture patriarcale : le travail du CEPREV pour la prévention de la violence des bandes en Amérique centrale

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Managua, Nicaragua, octobre 2014 – Dans le cadre du programme EUROsociAL de coopération entre l’Europe et l’Amérique latine, l’Efus a organisé un atelier sur la prévention de la violence à San José du Costa Rica, qui était axé sur le rôle de l’homme dans la culture patriarcale et comment celui-ci contribue à perpétuer la violence.

Cet atelier était animé par Monica Zalaquett, directrice du Centre de Prévention de la Violence (Centro de Prevención de la Violencia, CEPREV) de Managua (Nicaragua), qui travaille depuis 17 ans avec des groupes de jeunes violents des quartiers défavorisés de Managua, mais aussi d’autres pays d’Amérique centrale.

Le modèle d’intervention psychosociale appliqué par le CEPREV dans les communautés et les prisons est fondé sur l’analyse de la reproduction de la violence par la culture patriarcale au sein de la famille, de l’école et de la communauté. Ce modèle culturel fait des hommes des êtres dont les sentiments sont réprimés dès le berceau (« un garçon ne pleure pas »), qui ne peuvent pas exprimer leur vocation paternelle (« un garçon ne joue pas à la poupée ») et qui doivent répondre aux offenses avec une violence extrême (« tue ou meurs comme un homme! »).

Le modèle du CEPREV présente un concept de la masculinité qui démonte les préjugés de l’autoritarisme, du macho qui subvient aux besoins matériels de la famille mais ignore ses besoins affectifs, qui sait tout, donne des ordres, et se comporte comme un « homme à femmes » pour démontrer qu’il est bien un homme. Le CEPREV promeut un concept de la masculinité où le père de famille est présent, respectueux, affectueux et toujours ouvert au dialogue. Ce modèle permet de rompre le cycle de la reproduction de la violence.

Le CEPREV travaille directement avec les jeunes des bandes et d’autres groupes, avec les mères et les pères, les professeurs, les leaders de la communauté, avec les églises, les policiers, les fonctionnaires de prison et les journalistes. Dûment formés, ces relais d’opinion reproduisent dans leur entourage le modèle de masculinité promu par le CEPREV.

L’activité du CEPREV est considérée comme une bonne pratique par l’UNESCO, par la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL), une des cinq commissions régionales des Nations Unies basée à Santiago du Chili, mais aussi la Banque interamericaine de Développement (BID) et d’autres entités.

Ce travail a donné des résultats remarquables ces dernières années, notamment la réduction, dans les 36 communautés où le CEPREV est intervenu, de 37% des homicides et de 67% des blessés.

2014-10-15

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