Projet SolIDIFy – Salles de consommation à moindres risques (SCMR) pour renforcer la réduction des risques et la cohésion sociale à l’échelon local

Aussi en... (English)

Contexte

Le projet va s’intéresser à l’implantation (installation et pérennisation) des SCMR (salles de consommation à moindres risques) dans plusieurs villes européennes et à l’évaluation de leurs impacts sur le territoire.

Ces dispositifs poursuivent des objectifs tant de santé publique que de sécurité, tranquillité publique et cohésion sociale, comme souligné dans les rapports de l’Observatoire Européen des Drogues et des Toxicomanies (OEDT) “European report on drug consumption rooms” (2004) et  “Drug consumption rooms: an overview of provision and evidence” (2016) ou encore de l’European Harm Reduction Network (Euro HRN) “Drug consumption rooms in Europe” (2014) qui concluent qu’ils peuvent réduire la consommation à ciel ouvert et les problématiques qui en découlent (nuisances, délinquance, trafics), s’ils font partie d’une stratégie locale globale. Mais ils suscitent des représentations négatives et phénomènes de rejet dits « phénomène Nimby » (Not in my backyard), désignant l’opposition de populations locales à l’implantation de certains équipements à proximité de chez eux,  pouvant empêcher leur installation ou nuire à leur bon fonctionnement.

Pourtant plusieurs études montrent que l’acceptation publique est considérablement élevée dans les quartiers où ces structures ont été mises en place lorsque l’ensemble des acteurs locaux, y compris les riverains, ont été impliqués par des liens de coopération et de communication (OEDT: Drug consumption rooms: an overview of provision and evidence ; IDPC: salles de consommation à moindres risques : les preuves et la pratique).

Les conditions de réussite et de durabilité de ce type de dispositif nécessitent une concertation et une acceptation de l’ensemble des acteurs (acteurs sanitaires, policiers, judiciaires, associatifs) mais aussi des habitants et commerçants d’un territoire pour les faire adhérer aux objectifs poursuivis, les associer à l’évaluation des impacts sur le territoire et, en fonction des besoins, réajuster les moyens mis en œuvre. Les villes accueillant ce type de dispositifs ont donc un travail d’accompagnement important à mener auprès des structures porteuses afin de les aider à s’installer sur le territoire, à rencontrer et concerter l’ensemble des partenaires et acteurs locaux, et évaluer les impacts sur le territoire.

Quelques études ont été menées sur l’installation dans les quartiers, mais elles datent déjà des années 90 et portent surtout sur des villes du nord de l’Europe (Suisse, Pays-Bas, Allemagne). Le projet, en associant des villes de différents pays de l’UE, va s’intéresser à des contextes socio-géographiques différents. Par ailleurs, depuis les premières études, beaucoup de variables ont changé : scènes de la consommation de drogues, l’hyper-marginalisation de certaines populations, les phénomènes migratoires.

Objectifs

L’objectif général de ce projet est d’outiller les villes accueillant une salle de consommation à moindres risques (SCMR) pour qu’elles accompagnent et facilitent l’installation des structures porteuses d’un tel dispositif sur le territoire, mais aussi de les aider à évaluer les impacts sur celui-ci.

Il s’agira d’effectuer une analyse collective et croisée du processus d’installation et d’évaluation d’une SCMR et d’outiller les  autorités locales pour favoriser les structures de santé porteuses de ces dispositifs dans leur installation. Le projet permettra également de définir des indicateurs pour l’évaluation des impacts sur le territoire à court, moyen et long terme.

Par ailleurs, le projet favorisera l’échange de pratiques des villes partenaires ayant expérimenté et mis en place des SCMR depuis de nombreuses années et des villes qui sont en cours de réflexion et/ou installation de ce type de dispositifs, qui pourront bénéficier des recommandations et des évaluations de leurs pairs. Il renforcera également les partenariats et coalitions au niveau local, entre collectivités locales et organisations de la société civile.

Activités

Un socle méthodologique commun sera élaboré pour favoriser l’analyse et la contextualisation des réalités locales. Il permettra de présenter les différentes expériences et d’évaluer les impacts des SCMR sur les territoires d’implantation (problématiques de sécurité, de délinquance et de nuisances observées à proximité du lieu, sentiment d’insécurité, amélioration de la propreté, concertation et acceptation du dispositif par l’ensemble des acteurs locaux : les riverains, les commerçants, les autorités publiques et leurs partenaires institutionnels et associatifs). Les partenaires et les experts du projet travailleront sur la définition d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs et l’élaboration d’outils d’évaluation permettant d’évaluer les impacts des SCMR, sur le territoire, à court, moyen et long terme. Ces outils seront pré-remplis par les villes avant chaque visite de terrain et complétés par les observations et l’analyse des pairs et des experts à l’occasion des visites sur site.

Un guide de recommandations et de bonnes pratiques sera produit et présenté lors d’un événement final regroupant les villes partenaires et les associations porteuses des dispositifs dans ces villes. Cet événement, organisé à Lisbonne au deuxième semestre 2019 en synergie avec l’Observatoire Européen de lutte contre les drogues et les Toxicomanies sera ouvert aux membres de l’Efus et tous ses partenaires (autorités locales : élus et techniciens, représentants des gouvernements, représentants de l’Union Européenne, Universitaires, associations spécialisées et représentants de la société civile). Seront notamment invités les membres du Civil Society Forum on Drugs de la Commission Européenne, dont l’Efus est membre, ainsi que l’ensemble des partenaires du réseau Democracy, Cities & Drugs.

Partenariats

  • Forum européen pour la sécurité urbaine (FR) – coordination du projet
  • Ville de La Haye (NE)  
  • Ville de Lisbonne (PT)
  • Ville de Liège (BE)
  • UTRIP – Institut de recherche et développement de santé Utrip (Institut za raziskave in razvoj zavod) (SI)
  • Bruxelles Prévention & Sécurité (BE)
  • Ville de Augsburg (DE)
  • Ville de Essen (DE)
  • Association bien-etre et developpement (Asociación bienestar y desarrollo) (ES)
  • Ville de Mannheim (DE)
  • L’Agence de la Santé Publique de Barcelone (Agencia de Salut Publica de Barcelona) (ES)
  • Ville de Paris (FR)
  • Ville de Strasbourg (FR)

Durée

Janvier 2018 – Décembre 2019

Financement

Solidify est financé à 80% par la Commission Européenne – Justice Programme
Supporting Initiatives in the Field of Drugs Policy 

Contacts

Carla Napolano, Déléguée adjointe aux programmes européens et à la vie du réseau : napolano@efus.eu

Moritz Konradi, chargé de mission : konradi@efus.eu

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *


*