Présidence bulgare de l’UE : quels enjeux pour la sécurité ?

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Paris, janvier 2018 – Au 1er janvier 2018, la Bulgarie a succédé à l’Estonie à la présidence tournante de l’Union européenne. Assumant cette responsabilité jusqu’au 30 juin 2018, la Bulgarie veut entre autres répondre « aux besoins de l’Europe et des citoyens européens, qui aspirent à plus de sécurité, de stabilité et de solidarité ». Dans son programme, elle souligne la nécessité de mettre en oeuvre la stratégie de sécurité intérieure renouvelée de l’Union européenne et de ses trois grands piliers : la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et la cyber-criminalité.

Plus de coopération pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée

Dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la Bulgarie veut porter une attention particulière à la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, ainsi qu’à « la lutte contre le phénomène des combattants étrangers. » Elle s’est engagée à axer son action sur « le rôle de l’éducation et du dialogue interculturel et sur le respect et la protection de valeurs communes, des libertés et droits fondamentaux et de l’état de droit. »

« L’amélioration de la coopération et de l’échange d’informations et de données entre les autorités compétentes des États membres et par l’adoption d’un nouveau cadre juridique pour le fonctionnement du système d’information Schengen » est aussi une « priorité absolue » de la présidence. Ces échanges permettront notamment de mieux identifier les menaces terroristes et les défis en matières de criminalité organisée et de cyberattaque. La Bulgarie a ainsi annoncé « le lancement du nouveau cycle politique de l’UE pour lutter contre la grande criminalité internationale organisée pour la période 2018-2021. »

Dans le domaine de la justice, Sofia a confirmé la création du Parquet européen, adopté en octobre par 20 États membres. La ministre de la Justice, Tsetska Tsacheva, a déclaré que celui-ci sera opérationnel dès que possible, notamment pour intensifier la lutte contre le blanchiment d’argent.

Harmoniser la gestion des demandeurs d’asile

La Bulgarie a également comme objectif de finaliser la réforme du régime d’asile commun européen afin que les demandeurs bénéficient du même traitement partout dans l’UE et que les pays où ceux-ci arrivent ne soient pas seuls responsables de leur prise en charge, système qui pénalise les pays frontaliers tels que la Grèce et l’Italie. Par ailleurs, afin de mieux contrôler l’arrivée de réfugiés dans l’UE via la Turquie, avec laquelle elle partage une frontière de 260 km, la Bulgarie souhaite normaliser les relations, refroidies depuis la tentative de coup d’état contre le régime de Recep Tayyip Erdogan et la vague de répression qui a suivi, en 2016.

De plus, la Bulgarie souhaite renforcer les frontières extérieures de l’UE, améliorer les échanges d’information entre les organismes pertinents des 27 et intensifier les mesures de prévention grâce à une coopération accrue avec les pays émetteurs, une politique du retour au pays d’origine et de meilleurs canaux d’immigration légale.

Une présidence tournante par « trio »

Les États membres assument la présidence du Conseil de l’Union européenne par « trio », un groupe de trois pays  qui travaillent ensemble sur une période de 18 mois pour mettre en place un programme commun. Centrée sur la devise « L’union fait la force », qui est aussi la devise nationale, la présidence bulgare, en trio avec l’Estonie (01.07.17 – 31.12.17) et l’Autriche (01.07.18 – 31.12.18), œuvrera également sur les thèmes de  l’avenir de l’Europe et les jeunes, les Balkans occidentaux et l’économie numérique.

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