Juin 2026 – Déterminés à trouver dans l’action collective des outils pour renforcer la prévention et la lutte contre les violences liées aux drogues, les maires, élus et représentants de villes et régions européennes ont signé leur engagement au sein de la Coalition of the willing – contre les violences liées aux drogues et aux trafics.
La cérémonie de signature a eu lieu pendant la conférence Villes et drogues organisée par l’Efus conjointement avec la ville de Bruxelles et avec le soutien de l’Agence de l’Union européenne pour les drogues (EUDA), à Bruxelles le 17 juin (photo).
De nombreuses collectivités européennes développent déjà des stratégies locales globales, innovantes et efficaces de prévention et de lutte. La Coalition of the willing est une coalition proactive et pragmatique de villes et régions européennes qui a pour objectifs de renforcer, partager et promouvoir ces initiatives prometteuses.
> Ci-dessous les principaux enseignements de la conférence Villes et drogues
> Le compte-rendu complet et le replay ont disponibles pour nos membres ici
Agir sur les causes profondes de la criminalité organisée, pas uniquement sur ses manifestations
La lutte contre la criminalité organisée ne peut se limiter aux violences visibles, aux saisies de drogues ou aux arrestations. En reprenant la métaphore de l’iceberg, les phénomènes criminels observés dans l’espace public ne constituent que la partie émergée d’un ensemble beaucoup plus vaste. Les politiques publiques doivent également s’attaquer au terreau qui favorise le développement des réseaux criminels : inégalités sociales, décrochage scolaire, pauvreté, fragilité des services publics, discriminations ou absence de perspectives pour les jeunes. Agir sur ces facteurs structurels constitue une condition essentielle pour réduire durablement l’influence et l’infiltration de la criminalité organisée.
Faire évoluer les récits et renforcer la cohésion sociale pour prévenir l’emprise des réseaux criminels
La lutte contre la criminalité organisée ne peut se limiter aux violences visibles, aux saisies de drogues ou aux arrestations. En reprenant la métaphore de l’iceberg, les phénomènes criminels observés dans l’espace public ne constituent que la partie émergée d’un ensemble beaucoup plus vaste. Les politiques publiques doivent également s’attaquer au terreau qui favorise le développement des réseaux criminels : inégalités sociales, décrochage scolaire, pauvreté, fragilité des services publics, discriminations ou absence de perspectives pour les jeunes. Agir sur ces facteurs structurels constitue une condition essentielle pour réduire durablement l’influence et l’infiltration de la criminalité organisée.
Les réseaux sociaux et les plateformes numériques servent au recrutement, à la promotion de modes de vie criminels, à la diffusion de contenus violents ou encore à certaines formes de blanchiment et de coordination des trafics.
Reconnaître les territoires ultramarins comme des laboratoires d’anticipation des phénomènes criminels
Les territoires ultramarins constituent des observatoires privilégiés des évolutions de la criminalité organisée. Les dynamiques qui s’y développent précocement annoncent souvent celles qui toucheront ensuite les territoires continentaux. Ils révèlent également comment les fragilités économiques, les insuffisances des services publics et les inégalités territoriales peuvent être exploitées par les réseaux criminels. Les enseignements issus de ces territoires doivent davantage nourrir les stratégies nationales et européennes de prévention et de sécurité.
Investir pleinement le numérique, devenu un espace majeur d’action des réseaux criminels
Les stratégies de lutte restent encore largement centrées sur les espaces physiques, alors qu’une part croissante des activités criminelles s’organise désormais en ligne. Les réseaux sociaux et les plateformes numériques servent au recrutement, à la promotion de modes de vie criminels, à la diffusion de contenus violents ou encore à certaines formes de blanchiment et de coordination des trafics. Il est devenu indispensable de développer des capacités d’intervention, de prévention et d’investigation adaptées à ces nouveaux espaces numériques, en mobilisant des compétences spécifiques et des partenariats avec les acteurs du numérique.
Renforcer les capacités d’action des collectivités territoriales, notamment grâce aux outils administratifs et financiers
Les collectivités locales disposent d’une connaissance fine de leur territoire qui doit être davantage mobilisée dans la lutte contre la criminalité organisée. Plusieurs expériences européennes (Belgique, Pays-Bas) montrent que des outils administratifs permettent d’intervenir rapidement contre les commerces suspectés de participer au blanchiment d’argent ou aux activités criminelles, sans attendre l’issue de longues procédures judiciaires. Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large consistant à frapper les organisations criminelles sur leurs ressources économiques, conformément au principe désormais largement reconnu : suivre et assécher les flux financiers illicites.
Prévenir ne consiste pas uniquement à sensibiliser aux risques. C’est agir en amont sur les facteurs de vulnérabilité qui favorisent l’emprise des réseaux criminels.
Faire de la prévention un pilier des politiques de drogues en intégrant pleinement la santé publique
Si les dispositifs législatifs et réglementaires destinés à renforcer la sanction et la répression se développent dans de nombreux pays européens, la prévention demeure le parent pauvre des politiques publiques. Or, prévenir ne consiste pas uniquement à sensibiliser aux risques ; c’est agir en amont sur les facteurs de vulnérabilité qui favorisent l’emprise des réseaux criminels.
Cette approche suppose d’élargir les politiques de sécurité en intégrant pleinement les enjeux de santé publique, de santé mentale et d’addictions. Cela suppose de décloisonner les politiques publiques et d’associer davantage les professionnels de santé, les travailleurs sociaux et les acteurs de première ligne aux stratégies de sécurité, afin de renforcer durablement la résilience des territoires.
Construire des sociétés résilientes grâce à une approche intégrée associant prévention, répression et coopération
Les réseaux criminels se caractérisent par leur capacité d’adaptation, leur mobilité et leur puissance économique. Face à cette évolution, il est essentiel de dépasser l’opposition entre prévention et répression. Les deux approches doivent être développées simultanément, avec des ressources, des compétences et des cadres juridiques adaptés. La résilience des territoires repose également sur une coopération renforcée entre collectivités, États, institutions européennes, chercheurs, société civile et professionnels de terrain. C’est cette approche intégrée qui permettra de construire des réponses durables face à une criminalité organisée en constante mutation.
Renforcer la coopération entre collectivités pour relever les défis liés aux drogues
Face à un phénomène complexe et en constante évolution, aucune ville ni aucune collectivité ne peut prétendre détenir seule la solution. Les maires et les élus locaux qui font preuve d’un courage politique constant ne doivent pas rester isolés, mais unir leurs forces pour construire des réponses collectives. L’enjeu n’est pas de rechercher une réponse unique, mais de favoriser l’expérimentation, le partage d’expériences et la valorisation des initiatives déjà mises en œuvre sur les territoires. En renforçant la coopération entre collectivités, il devient possible d’accélérer l’innovation, de diffuser les pratiques qui fonctionnent et de bâtir une réponse européenne plus cohérente et plus résiliente aux défis liés aux drogues.
> Plus d’informations sur le travail de l’Efus sur la question des drogues
> Le compte-rendu complet et le replay de la conférence sont disponibles pour nos membres ici
