Conférence à Prague sur l’usage responsable de la vidéosurveillance, organisée par le ministère tchèque de l’Intérieur, en partenariat avec l’Efus

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Comment les villes peuvent-elles tirer le meilleur parti de l’utilisation de la vidéosurveillance tout en garantissant les droits et liberté individuels, en particulier en ce qui concerne la protection des données ? Tel était le thème principal de la conférence organisée le 18 février 2011 à Prague (République tchèque) par le service de prévention de la délinquance du ministère de l’Intérieur tchèque, en partenariat avec l’Efus. La date a été choisie pour coïncider avec le salon des équipements de sécurité Pragoalarm/ Pragosec, qui a eu lieu dans la capitale tchèque les 17 et 18 février.

Le ministère de l’Intérieur avait invité environ 70 élus de différentes villes et régions du pays, afin de débattre de la question de la protection des données. L’Efus a présenté son projet « Citoyens, villes et vidéosurveillance » et la Charte pour une utilisation démocratique de la vidéosurveillance (http://cctvcharter.eu/). Deux membres de l’Efus et partenaires du projet, les villes de Rotterdam et Brno, ont présenté leur expérience et expliqué les raisons pour lesquelles elles ont signé la Charte.

La représentante du Bureau national tchèque pour la protection des données personnelles, Dr. Miroslava Matousova, a salué la décision du ministère de l’Intérieur d’organiser une conférence. Elle a également exprimé son soutien à l’initiative de l’Efus en faveur d’un usage responsable de la vidéosurveillance, en insistant sur l’importance de la protection des données. Des progrès importants ont déjà été réalisés dans ce sens, a-t-elle déclaré, mais il reste encore beaucoup à faire.

Depuis 1993, la République tchèque a fortement investi dans les systèmes de vidéosurveillance et 173 villes sont aujourd’hui équipées, en grande partie sur fonds publics. Les villes souhaitant se doter d’un système de vidéosurveillance peuvent toujours faire appel à des subventions publiques, mais celles-ci dépendent de la qualité du système retenu par les villes-candidates et notamment les mesures prévues pour protéger les données.  Le responsable des questions de vidéosurveillance au ministère de l’Intérieur, Tomas Konicek, a invité les villes à bien prendre en compte cette dimension lorsqu’elles établissent leur dossier : « Gardez ces problèmes à l’esprit. Ils sont importants lors de la conception de votre système et aussi pour l’octroi d’une subvention de l’Etat ».

Les directives émises par le ministère de l’Intérieur vont au-delà des garanties exigées par la législation de la République tchèque. Par exemple, les villes doivent présenter une analyse détaillée de leurs problèmes de sécurité, démontrer en quoi la vidéosurveillance est nécessaire et préciser les objectifs poursuivis.

La conférence s’est également centrée sur l’efficacité globale de la vidéosurveillance. De nombreux intervenants ont rappelé qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle mais simplement d’un outil parmi d’autres. Tous les participants ont souligné l’importance du facteur humain et la nécessité d’accompagner les systèmes de vidéosurveillance d’un ensemble cohérent de mesures préventives.

Les expériences des villes de Brno, Sokolov, Zlin (République tchèque) et Bratislava (Slovaquie) ont été présentées, mettant en lumière d’autres questions comme la participation des citoyens dans les projets de prévention, les spécifications techniques, la formation des opérateurs et les procédures de suivi lors de la détection d’un incident.

L’Efus gage que cette conférence amènera d’autres villes et régions tchèques à se joindre à leurs homologues européens qui ont déjà signé la Charte pour une utilisation démocratique de la vidéosurveillance.

Tous les documents de cette conférence seront bientôt téléchargeables sur ce lien du site internet du ministère de l’Intérieur tchèque.