Nous sommes Européens

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Réaction de Guilherme Pinto, président de l’Efus, aux attentats ayant eu lieu en France la semaine du 7 janvier 2015.

C’est avec choc et consternation que nous avons vécu les attentats ayant causé la mort de 17 personnes la semaine du 7 janvier en France. Face à ces crimes, nous sommes Charlie mais surtout nous sommes Européens car ce sont les droits constitutifs de notre Union qui ont été atteints. Les évènements de ces derniers jours, en Belgique notamment, démontrent que le terrorisme, et la radicalisation dont il est en l’occurrence issu, sont des phénomènes transfrontaliers. C’est donc au niveau européen mais aussi international que nous devons réfléchir et agir.

Au-delà de la profonde émotion qu’ils suscitent chez chacun de nous, ces événements nous interrogent sur notre responsabilité collective ainsi que sur notre rôle d’élus locaux et d’acteurs de terrain – quel que soit notre pays. La réponse policière et judiciaire des Etats ne sera efficace que si elle est renforcée par celle des villes en matière de prévention et d’intégration. Il  est donc de notre responsabilité de veiller à ce que la lutte contre les extrémismes ne se traduise pas par la réduction des libertés fondamentales, par la remise en cause de la prévention, ou par le repli ou le clivage entre communautés.

Plus que jamais le Forum européen a un rôle à jouer afin de soutenir les collectivités locales dans leurs missions de prévention, de détection de la radicalisation et d’aide à la déradicalisation. Ce phénomène, qui ne concerne directement qu’un nombre restreint d’individus, nécessite la mise en place de politiques spécifiques et ciblées. Loin de détourner notre attention, ces politiques doivent au contraire contribuer à renforcer nos politiques fondamentales et générales d’inclusion, de prévention et de sécurité.

En tant qu’espace de dialogue et d’échange tout d’abord, l’Efus doit permettre aux acteurs locaux -élus et agents de terrain- d’échanger sur les réalités locales auxquelles ils sont confrontés et se sentent parfois démunis. Depuis plus de 25 ans, nous avons démontré que, au-delà des spécificités des territoires locaux et des orientations politiques des élus, il est possible mais surtout nécessaire de travailler ensemble.

Nous avons plus d’une fois affirmé le besoin de politiques fondées sur des données probantes (evidence-based policies). C’est pourquoi l’Efus travaille depuis plusieurs mois déjà en coopération avec des villes européennes sur les réponses en matière de prévention de la radicalisation violente (Lire article). Nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur cette question. Cependant, il existe déjà de nombreuses études et recherches ainsi que des initiatives ayant fait leurs preuves. J’affirme ici l’engagement de l’Efus à organiser les échanges et la collaboration entre les collectivités locales afin de mettre à leur disposition les connaissances et pratiques disponibles.

La tâche qui nous attend est grande car nous faisons face à un défi immense : faire de nos villes des garantes du vivre ensemble et de la liberté d’expression. C’est en travaillant ensemble que nous permettrons à la mobilisation générale observée dans le monde, et notamment en Europe, d’aboutir à des actions concrètes pour la sécurité de chaque citoyen et le renforcement de la cohésion sociale.

Guilherme Pinto
Président de l’Efus
Maire de Matosinhos