Le Forum italien, l’association nationale des autorités locales italiennes et l’association Avviso Pubblico signent un pacte de collaboration contre le crime organisé

Also in... (English)

Partneriat

Bologne, Italie, 20 mars 2013 – Le Forum italien pour la sécurité urbaine (FISU), l’association nationale des autorités locales italiennes (ANCI) et l’association Avviso Pubblico, qui oeuvre pour la formation des fonctionnaires à la lutte anti-Mafia et pour une « culture de la légalité » dans l’administration publique, ont signé un pacte de collaboration pour renforcer la lutte contre le crime organisé, lors d’une réunion à Bologne le 20 mars 2013. Les trois organisations mèneront conjointement une série d’activités, d’analyses et de programmes de recherche et de formation contre le crime organisé et élaboreront de nouvelles propositions et recommandations pour la sécurité des citoyens. 

Hormis les efforts pour accroître la transparence des organismes publics, les trois partenaires s’engagent à coordonner un programme de formation pour les fonctionnaires et agents de police municipaux sur la sécurité urbaine, la prévention de la criminalité et le renforcement de la législation, en particulier en ce qui concerne l’usage qui est fait des biens de la Mafia saisis, aux termes de la nouvelle loi de 2011 (intitulée Codice antimafia).

Flavio Zanonati, délégué de l’ANCI pour la sécurité, a insisté sur l’importance de la collaboration et mis en garde contre le risque de « pollution » de l’économie lorsqu’elle est saine et en croissance. L’échange et le partage de l’information sont essentiels pour lutter contre la criminalité, a-t-il ajouté, de même que les bonnes pratiques, la formation des agents et la sensibilisation de l’opinion publique.

Le président du FISU, Giorgio Pighi, a souligné l’importance des politiques de prévention dans la lutte contre le crime organisé sous toutes ses formes et pour réparer les dommages causés.

Andrea Campinoti, président d’Avviso Pubblico et maire de Certaldo, a déclaré que le pacte permettra d’accroître l’efficacité de l’administration publique dans la lutte contre la Mafia, notamment sa capacité d’analyse et d’élaboration de politiques. De plus, grâce à ce pacte, les fonctionnaires ne seront plus seuls en première ligne de front, ce qui est essentiel, a-t-il ajouté.

M. Campinoti a souligné les dangers auxquels sont confrontés les fonctionnaires du centre et du nord de l’Italie dans leur lutte contre l’infiltration mafieuse. A ce sujet, M. Pighi a estimé que les sanctions ne suffisent pas : il est important, a-t-il dit, de connaître les critères sur lesquels la Mafia choisit les entreprises qu’elle infiltre afin que les autorités puissent identifier celles-ci.

Simonette Saliera, vice-présidente de la région Emilie-Romagne et déléguéee à la sécurité, a rappelé que ce pacte était signé la veille de la journée de commémoration des victimes de la Mafia, le 21 mars. Cette journée, a-t-elle dit, sera aussi l’occasion de « célébrer la culture de la légalité », un thème prioritaire pour la région Emilie-Romagne.

Les autorités italiennes sont préoccupées par l’augmentation de l’activité mafieuse en Italie du nord, due en partie à la crise économique et au chômage élevé. De plus, la Mafia diversifie ses activités en dehors de ses bastions traditionnels (drogue, prostitution, jeux de hasard) et cible désormais l’ensemble de l’économie. Le FISU, l’ANCI et Avviso Publico appellent les autorités locales à intensifier leur lutte contre la Mafia et soulignent l’importance de la formation des fonctionnaires pour mieux identifier les activités mafieuses.