Conseil de l’Europe : la violence urbaine doit être traitée en respectant les droits fondamentaux et avec la participation des autorités locales

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Lisbonne, Portugal, 24 octobre 2014 – “Il est primordial de s’attaquer aux racines de la violence urbaine et de ne pas se limiter aux symptômes. Dans la lutte contre la violence urbaine, les droits de l’homme doivent être préservés.” Dans son message à la Conférence internationale du Conseil de l’Europe sur la violence urbaine, le commissaire aux Droits de l’Homme, Nils Muižnieks, a résumé les points clés de cette conférence et a encouragé les participants à aborder la question du maintien de l’ordre public sous l’angle de la protection des droits fondamentaux.

Niels Munznieks

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La Conférence internationale sur la violence urbaine organisée par le Conseil de l’Europe conjointement avec le ministère portugais de la Justice, les 23 et 24 octobre à Lisbonne, faisait suite à la 31e conférence des ministres de la Justice du Conseil de l’Europe (Vienne, septembre 2012), au cours de laquelle ceux-ci avaient exprimé leur inquiétude face à « la recrudescence des explosions intenses et parfois inattendues de violence collective dans certaines des principales zones urbaines européennes ». Tout en reconnaissant le lien entre cette violence et la grave crise économique et sociale à laquelle sont confrontés de nombreux pays européens, les ministres avaient aussi souligné « le développement rapide et la grande disponibilité des technologies fondées sur internet telles que les médias sociaux et la messagerie instantanée, et le fait que les personnes prenant part à des actes de violence urbaine utilisent souvent ces technologies lors de la préparation et durant de tels actes. »

Les participants à la conférence de Lisbonne ont échangé sur les moyens de prévenir la violence urbaine en mettant l’accent sur les nouvelles technologies de la communication et de l’information qui peuvent aider à anticiper et prévenir la violence, à rassembler des preuves et à incriminer les instigateurs et auteurs de violences.

La conférence rassemblait des membres du Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC selon le sigle en anglais), auquel participent des représentants de 47 états membres, ainsi que des représentants des autorités chargées de l’application des lois (juges, procureurs, forces de police), des opérateurs de télécommunication et des fournisseurs de services internet, des représentants des organisations internationales et des experts universitaires. De même qu’en 2012, l’Efus était l’une des rares organisations non gouvernementales à avoir été invitées.

L’Efus a rappelé le rôle important joué par les autorités locales dans la prévention de la violence urbaine et a présenté certaines de ses activités récentes liées à la violence collective, notamment les projets européens sur la violence commise par des groupes de jeunes (Street Violence), sur la consommation excessive d’alcool dans l’espace public (Safer Drinking Scenes), sur la violence liée aux événements sportifs, sur la radicalisation, sur les relations police-population et sur l’utilisation des technologies.

Au vu de la diversité des phénomènes de violence urbaine, les participants ont souligné la nécessité d’analyser de façon exhaustive une situation donnée afin d’élaborer des politiques susceptibles de répondre aux problèmes à la source. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication jouent un rôle important dans la création (et l’observation) de situations qui peuvent dégénérer en violence urbaine. Elles sont aussi utilisées pour le maintien en temps réel de l’ordre public. Cependant, il faut éviter de se focaliser exclusivement sur les technologies au détriment des politiques de prévention à long terme.

Si le thème principal de la conférence était les enjeux des technologies de l’information pour la justice et la police, la conférence a aussi été l’occasion d’aborder des sujets plus larges, notamment au travers des expériences et études de cas présentées par des délégués et des experts venus de toute l’Europe. Dans ses conclusions, la conférence a aussi insisté sur la dimension sociale de la prévention de la violence urbaine. Elle a souligné la nécessité pour tous les acteurs de dialoguer et de coopérer et le rôle important joué par les autorités locales.

Groupe bd

Le texte intégral des conclusions de la conférence ainsi que la plupart des contributions sont disponibles sur le site web de la conférence : http://www.coe.int/lisbon2014.