L’Efus au colloque « Pour une sécurité sans frontière » France-Belgique

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Comines-Warneton, Belgique, 29 avril 2014 – L’Efus a participé au colloque « Pour une sécurité sans frontière », organisé à l’initiative des gouverneurs des provinces du Hainaut et de Flandre occidentale le 29 avril 2014 à Comines-Warneton (Belgique). Près de 200 personnes étaient présentes pour écouter près de 25 interventions sur toute une journée, conclue par un verre de l’amitié franco-belge. L’Efus était partenaire de cet événement.

Dans une lettre co-signée à l’attention des conférenciers, les gouverneurs rappellent : « Le défi est grand pour les deux pays, voisins, inscrits dans une histoire politique, économique, sociale et culturelle, marquée par ses créateurs, ses folklores, par ses libertés communales, mais aussi par ses épreuves, les catastrophes minières, les guerres dont celle de  14-18 qui aura laissé des traces dans toutes les familles de part et d’autre de la frontière. » En effet, les coopérations transfrontalières avec la Belgique sont parmi les plus denses, les plus anciennes et les plus dynamiques que la France entretient avec ses pays voisins. Elles contribuent à la construction d’une Europe concrète, visible et proche des citoyens.

Aller au delà de la coopération policière et douanière entre France et Belgique

Les deux gouverneurs ont posé les défis auxquels sont confrontés les acteurs de part et d’autre de la frontière : « Dans une Europe qui se veut un espace d’échange, de tolérance, de démocratie, le droit à la sécurité pour tous doit être garanti. » La ministre belge de l’Intérieur, Joëlle Milquet, intervenante du colloque, a rappelé qu’en matière de lutte contre la criminalité transfrontalière, si « la tendance générale démontre que nous sommes dans la bonne voie et que la coopération franco-belge porte ses fruits, il convient de rester vigilant et de poursuivre les efforts. »

Joelle Milquet

Joelle Milquet, Ministre belge de l’Intérieur

Ce colloque fait suite à la réactualisation de l’Accord de Tournai par les ministres de l’Intérieur français et belge, Manuel Valls et Joëlle Milquet, en mars 2013. Cet accord, qui porte notamment sur la coopération transfrontalière en matière de police et de douanes, a fait l’objet d’un suivi depuis sa signature en 2001. Les nouveaux accords doivent encore être ratifiés par le parlement français.

Intervenant comme membre de l’Efus et maire de Lomme, Roger Vicot a rappelé que les collectivités doivent être associées étroitement aux efforts de coopération franco-belge. En effet, au-delà d’une coopération strictement policière, sur les questions de trafic d’armes, d’êtres humains ou des réseaux de drogues, ce sont les autorités locales qui doivent gérer les conséquences au quotidien des vols, cambriolages et trafics et de tous les aspects de la sécurité urbaine auxquels sont confrontées les populations d’un même bassin de vie de part et d’autre de la frontière.

Roger Vicot, maire de Lomme

« J’ai entendu les appels à une coopération renforcée des structures, a souligné Roger Vicot, mais il faut rappeler que beaucoup de choses ont été faites déjà ; il y a des choses qui fonctionnent parfaitement bien comme par exemple le Centre de coopération policière et douanière (CCPD). Sur certaines questions nous avons réglé des problèmes très pratiques, comme par exemple le système de bus et la gestion des eaux usées. Ce que nous avons été capables de le faire sur des problèmes pratiques, nous devons savoir le faire sur les droits humains et notamment celui à la sécurité. » Roger Vicot a poursuivi : « Un des intervenants demandait : ‘Sommes nous prêts ?’ Moi je dis : ‘Avons-nous le choix ?’ Les délinquants, eux, ont totalement effacé les frontières et les obstacles que nous rencontrons, nous, dans nos différents métiers. Nous devons renforcer ce travail de coopération, d’échange de pratique, entre les villes et entre les institutions. C’est ce que nous faisons à l’échelle du COVISUR, structure informelle de coopération de villes de la métropole lilloise, et c’est ce que nous faisons à l’échelle européenne avec les 250 villes du Forum européen pour la sécurité urbaine. »

M. Vicot a ensuite proposé une réflexion commune sur des thèmes de sécurité au quotidien, comme par exemple l’alcoolisation massive des jeunes : « Les problématiques de vie nocturne en matière d’alcoolisation des jeunes ne sont pas des problématiques lilloises, monsoises ou bruxelloises mais sont aujourd’hui des problématiques européennes d’une extrême gravité sur lesquelles nous devons continuer la réflexion ensemble ». Enfin, il a aussi défendu l’idée de créer des partenariats locaux de sécurité qui soient des instances formelles rassemblant des acteurs des deux côtés de la frontière.