SécuCités enfants roumains, 2003-2004

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SécuCités enfants roumains, 2003-2004
Profils et parcours des jeunes Roumains en errance en Europe


Depuis quelques années, de nombreux mineurs isolés en provenance de plusieurs pays traversent les villes européennes. La plupart de ces mineurs sont en situation de danger et ont besoin d’une aide et d’un soutien de la part des institutions et des associations.
Ci-après une typologie des mineurs isolés étrangers  en France, telle que proposée par Angelina Etiemble (voir intervention complète):

Les « exilés » : ils viennent de régions ravagées par les conflits. Leurs parents ont souvent été tués. Certains sont passés par des camps de réfugiés, d’autres ont été recueillis par des communautés religieuses ou des organisations humanitaires.
Les « exploités » : ils sont aux mains des trafiquants. Les enfants sont envoyés clandestinement en Europe pour y exercer la prostitution, pour transporter de la drogue ou pour collaborer à des actes délictueux.
Les « fugueurs » sont des jeunes qui fuient leur domicile en raison d’un conflit familial ou de maltraitance.
Les « errants » sont déjà en situation d’errance dans leur pays d’origine et décident de tenter leur chance dans un pays riche.
Les « mandatés » sont incités à partir pour échapper à la misère et aller à l’étranger afin de travailler et d’envoyer l’argent à la famille restée dans le pays. Dans certain cas, les enfants sont envoyés pour étudier ou apprendre un métier et les parents dépensent leurs dernières économies pour payer le voyage.
D’autres pays retiennent la notion de  mineurs non accompagnés en faisant référence à la définition de la Résolution du Conseil de l’Europe du 26 juin 1997 : « Les ressortissant des pays en développement âgés de moins de 18 ans qui entrent sur le territoire des Etats membres sans être accompagnés d’un adulte responsable, par loi ou par l’usage, et qui n’ont dans les faits personne pour s’occuper d’eux. »


SécuCités Enfants Roumains : une première étape dans la constitution d’un réseau
L’ambition est de créer une continuité dans toute l’Europe et d’organiser un réseau de villes pour observer les déplacements de ces jeunes, en développant les diens avec leur villes et territoires de départ afin de préparer les retours des enfants et de mettre en place les meilleures mesures de prévention.
Pour ce faire, le projet examine comment entrer en contact avec ces jeunes sans-domicile-fixe, notamment grâce aux travailleurs sociaux, ONG, tribunaux pour mineurs et la police. A long terme, il s’agit de mettre en place un statut européen de protection de l’enfant. Ceci permettrait également de soutenir les professionnels roumains en contact avec ces jeunes : si le statut d’éducateur n’existe pas à proprement parler, des transferts de compétences peuvent tout de même avoir lieu entre acteurs de terrain.
Deux séminaires de travail réunissant des villes, des juges pour enfants, des travailleurs sociaux de Roumanie, de France et d’Italie, ainsi que des ONG spécialisées ont été organisés pour favoriser ces contacts (voir les programmes du séminaire de Paris , septembre 2003 et du séminaire de Bucarest de janvier 2004).
Ces séminaires ont permis de mettre en commun les analyses du phénomène et d’échanger sur les méthodes de travail et d’intervention afin d’entamer une réflexion sur les moyens de mise en œuvre d’une politique commune de retour.

 

Les questions suivantes y ont été traitées :

  • Recueil et partage de l’information : Comment les jeunes isolés sont-ils repérés ? Quels sont les moyens de transmission de l’information ?
  • Législation : Quelle est la législation en matière de mineurs isolés existant dans les trois pays, similitudes et différences ? Quelle cohérence y a t-il entre la législation et son application ?
  • Prise en charge du mineur (soutien psychologique et économique ) : Est-ce qu’il existe une collaboration entre les institutions juridiques et politiques et les associations ?
  • Meilleures pratiques et nouveaux outils
  • Méthodologie du partenariat : Recommandations pour renforcer le lien entre les villes et les associations et les autorités.
  • Comment travailler ensemble ?

Ci-après présentations et interventions des partenaires du projet :
Ville de Paris(France)
Ville de Marseille (France)
Ville de Bologne (Italie): Aspects juridiques , Dispositif de Premier Accueil , Protection de l’Enfance
Association française Magistrats Jeunesse (France)
Tribunal pour enfants de Paris ( France)
Association Jean Valjean (Roumanie)
National Authority for Child Protection and Adoption (Roumanie)
voir aussi l’intervention duDépartement de Seine St Denis (France)et les observations d’Angelina Etiemble, chercheur, participante.
Ce projet, soutenu par la Commission européenne (programme STOP) s’est déroulé de juin 2003 à avril 2004.