Assemblée générale de Gênes / flux migratoires : Alexandroupolis et la crise des réfugiés

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Deux des invités à l’Assemblée générale 2011 de Gênes étaient les représentants de la ville d’Alexandroupolis, en Grèce :  le maire Evaggelos Lambakis et Dimitri Rossakis, responsable des ressources humaines de la société grecque de conseil Eurotec, spécialisée en développement  local. Le Comité exécutif de l’Efus a effectué une visite à Alexandroupolis à la fin avril 2011, sur invitation du maire, pour constater sur place l’impact de l’afflux massif d’immigrants dans cette région du nord-est du pays et évoquer avec divers représentants locaux le projet du gouvernement grec de construire un mur le long de la frontière avec la Turquie.

La région d’Alexandroupolis compte environ 100.000 habitants et, selon le maire, a reçu au cours des derniers mois quelque 50.000 immigrants, la plupart originaires du Moyen Orient et d’Afrique du Nord, en particulier d’Afghanistan, Irak, Syrie, Algérie et Maroc. L’ampleur de ces flux d’immigrés dépasse largement les capacités d’accueil  de la région et des municipalités. Cette crise affecte le tourisme et déjà, des habitants et des négoces ont quitté la région, a expliqué M. Lambakis. Il a précisé qu’à ce jour, aucun incident sérieux de sécurité n’avait eu lieu, hormis quelques vols de nourriture.

Lorsqu’ils arrivent, les réfugiés sont accueillis par la police des frontières européenne, Frontex. « On les scanne, on les fiche, on leur donne un sandwich et vogue la galère, » a déclaré Michel Marcus, en précisant que bon nombre de ces réfugiés sont des professionnels qualifiés dans leur pays. « Comme il n’y a pas, dans cette région, d’accès terrestre vers les pays de l’espace Schengen, les réfugiés se retrouvent bloqués en Grèce. »

Récemment, le ministre grec de la Protection des citoyens, Christos Papoutsis, a annoncé qu’il comptait poursuivre son projet de construction du mur, avec la coopération de l’Union européenne, et qu’il allait en outre implanter une série de camps de détention dans les régions frontalières avec la Turquie. « Or, si on ferme la frontière terrestre, a expliqué Michel Marcus, les candidats à l’immigration ont pour seule option de franchir clandestinement la rivière Evros, avec l’aide des passeurs, moyennant quelque 5.000€. Ceci fait évidemment le jeu de la criminalité organisée. »

Les villes grecques se retrouvent en première ligne à devoir gérer, du point de vue financier, humain et social, cette crise humanitaire. C’est pourquoi l’Efus a récemment adopté une résolution appelant l’Europe à les soutenir.

“Le problème des réfugiés est un des thèmes clés de l’Efus aujourd’hui,” a commenté Guilherme Pinto, président du Forum. “On est en train de construire la muraille de Chine. Ce qui se passe en ce moment n’est pas un problème grec, ni un problème des seules villes, c’est une question urgente qui concerne l’Europe. Celle-ci doit aider les municipalités”.

Guilherme Pinto a conclu en annonçant que l’Efus présenterait la résolution sur les flux migratoires au Comité des Régions.