Webconférences groupe de travail Sécurité et Innovation

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Groupe de travail
Securité et Innovation

Webconférences sur les technologies pour la sécurité urbaine

light bulbEn 2018, l’Efus a créé un groupe de travail « Innovation & Technologie » dans l’objectif d’explorer comment les villes intelligentes et hyper-connectées peuvent améliorer la prévention de la criminalité et la sécurité urbaine. Il s’agit de partager des réflexions prospectives et des connaissances sur les stratégies et les technologies innovantes qui peuvent être appliquées à la sécurité urbaine.
Alors que les nouvelles technologies se généralisent rapidement, il est important que les autorités locales échangent sur leurs bénéfices et limitations appliqués à leur contexte local spécifique et aux besoin de leur population, tout en veillant au respect des libertés fondamentales. Afin de favoriser l’échange d’expériences entre pairs, l’Efus lance une nouvelle série de webconférences sur les nouvelles technologies et la sécurité urbaine.

>>> Les sessions se tiendront principalement en anglais.


Session 1
Police prédictive – Un outil pour prévoir les délits ou pour aider à la décision ?

  • 25 juin, 11:00 CEST

Les activités de police fondées sur le renseignement existaient avant l’arrivée de l’intelligence artificielle et des big data. Mais la montée en puissance des capacités informatiques et la numérisation des informations facilitent l’accès à de très grandes quantités de données. Ceci permet aux forces de police de collecter et d’analyser les données beaucoup plus rapidement qu’auparavant et de développer des méthodes de police prédictive. En utilisant les données et des méthodes statistiques, il est possible de prévoir la probabilité d’un délit, le lieu, le ou les auteurs ainsi que la ou les victimes potentielles.

Les méthodes de police prédictive, que certains critiquent comme étant des outils d’aide à la décision fonctionnant à partir d’un nombre limité de données et avec potentiellement un biais machine (machine bias), sont utilisées depuis déjà quelque temps aux États-Unis et en Europe. Ainsi, en Allemagne, six états fédérés l’appliquent de différentes façons depuis 2014, alors qu’aux Pays-Bas, la police prédictive est appliquée à l’échelle nationale depuis 2017. Jusqu’à présent, l’impact principal de la police prédictive a été lié aux processus internes des forces de police et une meilleure compréhension de la façon dont les données sont sélectionnées et utilisées.

logo_colors-1024x486À une période où la confiance dans la police est mise à mal par des incidents de racisme e de violence, il est important de comprendre quelles méthodes de police prédictive sont utilisées en Europe et comment sont traitées les questions d’ordre éthique qui y sont liées. Dans le cadre du projet européen Cutting Crime Impact (CCI), des chercheurs ont analysé l’état de l’art de la police prédictive dans les pays de l’UE et analysé ses impact éthiques, légaux et sociaux.
Dans notre nouvelle série de webconférences, nous vous invitons à mieux connaître les utilisations de la police prédictive en Europe à partir des recherches du projet CCI et d’échanger sur l’efficacité et les implications de telles méthodes. Nous examinerons en particulier les questions suivantes :

  • Quels types de méthodes de police prédictive sont appliquées en Europe ?
  • Sont-elles efficaces ? Quel critères pour mesurer leur succès ?
  • Quelles sont les conséquences éthiques, sociales et légales de la police prédictive ?
  • Comment mitiger les risques éthiques, notamment en ce qui concerne les biais explicites et implicites en matière de données ?

Intervenants :

  • Maximilian Querbach, LKA – Bureau des enquêtes criminelles de Basse-Saxe
  • Professeur Oskar Gstrein, Université de Groningen
  • Guenter Okon, Institute for Pattern Based Forecasting (IfmPt), Precobs-Predictive Policing made in Germany

Session 2
Technologies civiques : quelle coopération entre les citoyens, la police et les autorités locales ?

  • 21 juillet, 11:00 CEST

Le concept de technologie civique fait référence à l’utilisation des technologies pour favoriser la participation citoyenne aux tâches de gouvernement afin d’améliorer la qualité des services publics. La technologie civique sert à informer les citoyens et faciliter leur accès aux services mais aussi leur permettre de participer à la définition et la mise en oeuvre des politiques.

Dans le domaine de la sécurité publique, la participation citoyenne se fait par les réseaux sociaux (plateformes, réseaux, applications ou messageries). Celle-ci est particulièrement visible à l’échelle locale, par exemple lorsque la police de proximité recueille des informations auprès des habitants. C’est souvent un processus ascendant où les citoyens prennent l’initiative. Les citoyens créent des plateformes en ligne pour diffuser des informations sur certains aspects de la sécurité de leur ville. Ils collectent et analysent les informations, organisent la surveillance de leur quartier et même parfois enquêtent sur des délits à l’échelle locale, voire internationale. Parfois aussi, ils utilisent les réseaux sociaux pour surveiller le comportement de la police, promouvoir la transparence et le cas échéant dénoncer les abus policiers.

L’utilisation de ce type de plateformes peut avoir un impact positif ou négatif sur la sécurité urbaine. Elles peuvent améliorer la communication entre les acteurs de la sécurité et les citoyens et ainsi contribuer à adapter les réponses à la situation sur le terrain, mais elles peuvent aussi brouiller la distinction entre acteurs de la sécurité légitimes ou auto-proclamés. Ceci peut accroître le risque d’enfreinte à la vie privée et d’auto-défense, ce qui peut avoir un impact négatif sur la cohésion sociale.
Pendant cette webconférence, nous aborderons les thèmes suivants :

  • Quels types de technologies civiques existent aujourd’hui dans les villes européennes ?
  • Quels sont les risques et bénéfices de ces technologies ?
  • Le développement des technologies civiques contribue-t-il à la coproduction de la sécurité urbaine ? Les acteurs de la prévention sont-ils impliqués ?
  • Comment prévenir les risques posés par le vigilantisme ?

Intervenant :

  • Daniel Trottier, Professeur associé au département Media & Communication, Ecole Erasmus d’histoire, de culture et de communication

Session 3
Technologie de reconnaissance faciale – Quel impact sur la perception de la sécurité par les citoyens ?

  • 18 septembre 2020, 11 heures CEST

La reconnaissance faciale est sans doute l’une des applications les plus controversées et pourtant omniprésentes de l’intelligence artificielle basée sur des algorithmes de vision par ordinateur. Elle peut être intégrée dans toute une panoplie de technologies existantes et connectée à d’autres fonctionnalités. La reconnaissance faciale est couramment utilisée pour la surveillance dans les espaces publics et pour le suivi de personnes. En Europe, la reconnaissance faciale est largement utilisée de manière expérimentale, principalement dans le domaine des transports et pour la surveillance des espaces publics. L’Italie l’utilise pour mesurer le flux de passagers à l’aéroport de Fiumicino à Rome, tandis que plusieurs aéroports français, dont Charles de Gaulle à Paris, ont installé le système automatisé de vérification des passeports « Parafe ». Un certain nombre de villes européennes ont expérimenté la technologie de reconnaissance faciale dans les espaces publics. Lors du Carnaval de Nice (FR) en 2019, la municipalité et la police locale ont testé un système de reconnaissance faciale dans une zone du terrain du festival.

Le projet européen Cutting Crime Impact (CCI) concentre une partie de ses recherches sur la mesure et l’atténuation du sentiment d’insécurité et la prévention de la criminalité par l’aménagement et la planification urbaine. L’un des problèmes est que la satisfaction d’un groupe peut entraîner l’exclusion d’un autre. Les technologies de surveillance basées sur les IA peuvent satisfaire certaines personnes et améliorer leur perception de la sécurité, mais d’autres groupes peuvent les percevoir comme un signe indiquant qu’ils ne sont pas les bienvenus dans certains espaces publics ou qu’ils portent atteinte aux libertés individuelles. Les recherches ont également montré qu’une surveillance accrue pourrait avoir un effet similaire à celui des murs ou des fils barbelés, dont il a été démontré qu’ils augmentent le sentiment d’insécurité (Van Soomeren, Davey et Wootton, 2019).

La violation des droits fondamentaux, le manque de transparence, le risque de surveillance de masse et de discrimination raciale sont des arguments récurrents dans la conversation en cours sur la reconnaissance faciale. L’Efus organisera une webconférence pour échanger sur ces thèmes le 18 septembre à 11 heures. Nous examinerons la manière dont la reconnaissance faciale est actuellement utilisée en Europe et ses implications pour les droits fondamentaux. La conférence abordera les questions suivantes :

  • Dans quelle mesure les technologies de reconnaissance faciale sont-elles actuellement utilisées dans les villes européennes ?
  • Y a-t-il eu une augmentation de réactions réticentes contre ces technologies en raison de leur impact sur les libertés individuelles et les droits fondamentaux ?
  • Quels sont les principaux défis auxquels sont confrontées les autorités locales dans l’utilisation de la reconnaissance faciale ?
  • Quel est l’impact de ces technologies sur la perception de la sécurité des personnes ?
  • Quelles sont les implications juridiques, éthiques et sociales de l’utilisation des logiciels de reconnaissance faciale par les acteurs locaux de la sécurité ?
  • Comment les réglementations peuvent-elles être adaptées pour garantir une utilisation efficace et appropriée de cette technologie, notamment en ce qui concerne les droits fondamentaux ?

>> Retrouvez le groupe de travail sur EfusNetwork ici (réservé aux membres)

Contact :
>> Pauline Lesch, chargée de mission, lesch@efus.eu
>> Pilar de la Torre, chargée de mission, delatorre@efus.eu


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Le projet CCI est financé à 100% par le Horizon 2020 Security Research Program de la Commission européenne

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