Projet Local voices : dernière étape pour le développement des campagnes locales de discours alternatifs à l’extrémisme

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Moleenbeek-Saint-Jean, Belgique, novembre 2018 Les partenaires du projet Local voices se sont réunis à Molenbeek-Saint-Jean (BE) les 7 et 8 novembre pour échanger sur leurs projets de campagnes locales de discours alternatifs à l’extrémisme violent et bénéficier de conseils d’experts. Ces campagnes associant des représentants de la société civile – groupes de jeunes ou associations – seront finalisées au premier trimestre 2019.


> Huit projets adaptés aux besoins et ressources locales pour prévenir l’extrémisme violent

Dans le cadre du projet Local voices, l’Efus soutient la création de huit campagnes locales de discours alternatifs à l’extrémisme qui seront diffusées en ligne. L’objectif est que chaque campagne soit adaptée aux problématiques et ressources locales afin de s’adresser au public cible prioritaire dans la ville. Les campagnes sont alors portées par des acteurs locaux qui ont été mobilisés pour leur connaissance des problématiques et leur capacité à mobiliser la société civile.

À Augsbourg (DE), la municipalité travaille en partenariat avec Achim Seger, artiste et activiste qui oeuvre notamment pour la promotion de l’interculturalité et la lutte contre les discriminations. Ce dernier encadrera un groupe d’élèves qui réaliseront un film  vidéo pour promouvoir un discours alternatif à l’extrémisme djihadiste auprès d’un public cible âgé de 14 à 25 ans. Ils ont pour ambition de créer une vidéo qui pourra également inspirer d’autres groupes de jeunes et servir de modèle pour que cette expérience soit dupliquée.

À Liège (BE),  le projet « Unity in Diversity » rassemble un groupe de jeunes (8 jeunes hommes âgés entre 18-24 ans et 5 jeunes filles âgées entre 14 et 22 ans) accompagnés par des éducateurs jeunesse de la ville en lien avec une maison de jeunes de quartiers. Le projet, qui s’inspire de la  culture urbaine, rassemble notamment des jeunes rappeurs qui pratiquent la danse urbaine « Krump ». Il prévoit la réalisation d’un clip vidéo sur le thème du « bien vivre ensemble » qui sera diffusé sur les réseaux sociaux et présenté lors d’un événement public rassemblant les partenaires du projet.

À Lyon (FR), la Maison de la jeunesse et de la culture du quartier de La Duchère a mobilisé un groupe d’adolescents qui souhaite réaliser un clip musical pour proposer des alternatives aux griefs des jeunes en risque de radicalisation.

À Madrid  (ES), la municipalité anime également une « plateforme de contre-discours ». Des associations locales spécialisées dans la promotion des droits des minorités sont mobilisées afin d’élaborer des campagnes permettant de porter un autre regard sur ces publics qui subissent des discriminations. Pour chaque minorité, une campagne de communication spécifique est créée et des affiches seront notamment postées dans les transports. Ces campagnes seront relayées sur les réseaux sociaux. A travers cette campagne, le collectif souhaite notamment sensibiliser les adultes référents au sein des familles afin d’éviter la propagation d’idées racistes.

À Málaga (ES), la municipalité anime une «  plateforme de contre-discours », collectif réunissant les associations en contact avec le public, notamment les jeunes, et les plus concernées par la problématique de la radicalisation. Ces associations vont travailler avec un prestataire spécialiste de la communication afin de les accompagner dans le développement d’une campagne destinée aux jeunes qui peuvent être sensibles aux discours polarisants.

À Molenbeek-Saint-Jean (BE), l’association Talented Youth Network a mobilisé un groupe de jeunes de 18-25 ans participant à son programme Cityzens qui vise la sensibilisation et la mobilisation de la jeunesse sur des problématiques de cohésion sociale. Le groupe souhaite aborder la question des discriminations et plus largement de la méconnaissance de l’autre qui peut engendrer des comportements intolérants et des stigmatisations.

À Montreuil (FR), le service municipal de la jeunesse a mobilisé un groupe de jeunes d’un quartier de la ville qui a connu des problèmes de radicalisation. À travers des ciné-débats, des rencontres avec des experts et des ateliers de travail, le groupe prévoit de réaliser une fresque historique représentant les différentes formes d’extrémisme. Cette fresque sera exposée dans l’antenne de quartier et des clips vidéo seront réalisés à partir de ce travail afin d’être diffusés en ligne.

À Strasbourg (FR), deux centres socio-culturels, en partenariat avec un collège, ont mobilisé deux groupes d’adolescents qui souhaitent élaborer une vidéo promouvant le vivre-ensemble, dans une ville touchée par la polarisation avec notamment la présence de l’idéologie djihadiste mais aussi de l’extrême droite.


> Un séminaire d’échanges de pratiques pour soutenir le développement des campagnes

À Molenbeek-Saint-Jean, les représentants des organisations mobilisées ont pu se rencontrer pour la première fois. Ce séminaire leur a permis d’échanger sur les objectifs de leurs projets et activités prévues ainsi que sur les enseignements tirés des premières étapes de développement des campagnes. Plusieurs experts ont également été mobilisés afin de leur apporter des conseils méthodologiques. Maria Lozano, pilote du groupe de travail du Radicalisation Awareness Network (RAN) consacré aux victimes, a donné des conseils pour chaque étape de l’élaboration d’une campagne (choix du public cible et des messages, contenu du message, canaux de diffusion…). Wassef Lemouchi, consultant en communication, a présenté les éléments de connaissance sur la propagande extrémiste en ligne ainsi que des retours d’expériences de campagnes de contre-discours et des conseils pour l’évaluation des campagnes. Enfin, Farid Abdelkrim, auteur et metteur en scène, a partagé les enseignements du développement d’une série de vidéos créées avec un groupe de jeunes de l’association Espoir 18 à Paris (FR).

Les connaissances apportées par ces experts et les échanges entre pairs dans le cadre d’ateliers de travail ont permis aux participants d’affiner leurs projets de campagnes de communication. Ces apports leur seront utiles pour la dernière étape du projet puisque les campagnes seront finalisées et mises en ligne avant avril 2019. Celles-ci ainsi que les  recommandations issues de ce projet seront présentées lors d’une réunion finale à Augsbourg (DE) en avril 2019, en marge de l’assemblée générale de l’Efus.

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