Deuxième réunion du groupe de villes PRACTICIES sur la prévention de la radicalisation violente dans les villes

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IMG-20181009-WA0009Paris, France, octobre 2018 Après une première réunion à Salzbourg (AT) en mars, le groupe de travail des villes du projet PRACTICIES (Partenariat contre la radicalisation violente dans les villes) s’est réuni pour la deuxième fois à Paris les 4 et 5 octobre dans les locaux de l’Efus. Les objectifs de cette réunion étaient de faire connaître les avancées du projet aux membres du groupe des villes, de leur présenter l’expérience du département de Seine-Saint-Denis, en région parisienne, en matière de prévention de la radicalisation violente, et de commencer à travailler sur les recommandations pour les autorités locales qui seront issues du projet.

Ce séminaire a rassemblé les représentants des villes partenaires du projet : Amadora (PT), Augsbourg (DE), Berlin (DE), L’Hospitalet de, Llobregat (ES), Liège (BE), Lyon (FR), Nice (FR), Solna (SE), Riga (LV) ainsi que de la région de Calabre (IT) et d’autres partenaires du projet tels que Bouzar Expertises, Kantar Public, Université Rey Juan Carlos, Université de Toulouse et KEMEA.

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> Une première journée consacrée aux résultats des études…

La première journée a été dédié à la présentation des avancées du projet par la déléguée de l’Université de Toulouse, qui a fait part de l’état d’avancement des différents work-packages (ou modules de travail).

Dans un deuxième temps, le représentant de Kantar Public, une agence de conseil sur les politiques publiques, a présenté les principaux résultats de l’enquête européenne menée dans le cadre du work-package 2 concernant la réalisation d’un inventaire des facteurs d’insécurité et de radicalisation. Menée dans 12 pays européens auprès de jeunes âgés de 14 à 24 ans, l’enquête a notamment révélé que 47% pensent que la radicalisation est répandue dans leur pays, et que 83% pensent que ce phénomène s’amplifiera ou restera au même niveau dans les prochaines années.

La matinée a été conclue par la représentante du cabinet Bouzar Expertises, qui est spécialisé dans « la gestion non discriminatoire de l’expression du fait religieux, ainsi que la prévention, la détection et la lutte contre les risques liés à la radicalisation violente ». Celle-ci a donné  un retour sur les points clés de l’étude menée dans le troisième module de travail, dédié celui-ci à l’étiologie des processus de radicalisation et des niveaux de radicalisation représentant un point de basculement.

> … et à une rencontre avec divers intervenants en Seine-Saint-Denis

La première journée de travail s’est poursuivie par une rencontre avec des représentants de l’Etat oeuvrant dans le département de Seine-Saint-Denis, en périphérie parisienne. Les participants PRACTICIES ont ainsi été reçus par la  Préfète déléguée pour l’égalité des chances, la Procureure de la République adjointe de Bobigny et des associations oeuvrant dans la prise en charge des publics repérés et signalés comme radicalisés ou en voie de radicalisation.

Celle-ci a présenté les caractéristiques de ce département : une forte densité  de population, une population très jeune, de nombreux quartiers dits prioritaires (zones socialement défavorisées), une grande proportion de familles monoparentales ainsi que la présence de zones fortement industrialisées.

Ce contexte a amené le département à créer une Cellule de Prévention de la Radicalisation et d’Accompagnement des Familles (CPRAF) en 2014, à la demande du ministère de l’Intérieur. Les membres du groupe PRACTICIES ont pu échanger avec les professionnels de cette unité qui ont expliqué en quoi consiste  le parcours de prise en charge. Étaient également présents la Procureure de la République adjointe de Bobigny et des associations oeuvrant dans la prise en charge des publics repérés et signalés comme radicalisés ou en voie de radicalisation.

Ainsi, différents services (police, mairie, entre autres) font remonter l’information sur les jeunes repérés comme en voie de radicalisation. Ensuite, ils sont triés par critères selon la possibilité estimée d’apparition d’une attitude violente. S’ils sont identifiés comme possiblement violents, ils demeurent fichés et sont suivis par les autorités sans qu’il y ait pour autant une intervention. Sinon, ils sont sortis du fichier et pris en charge par la CPRAF, qui peut alors les accompagner dans le processus de déradicalisation.

En conclusion des échanges, les représentants notamment des villes de Riga et Augsbourg ont présenté leurs politiques spécifiques de prévention de la radicalisation violente. La ville de Riga, moins touchée par les problèmes de radicalisation que d’autres villes d’Europe centrale et de l’ouest, a adopté une approche très axée sur la prévention primaire, le soutien à l’intégration ainsi que sur la lutte contre la discrimination. À la différence de Riga, la ville d’Augsbourg est directement confrontée à la problématique de la radicalisation : plusieurs jeunes habitants sont allés en Syrie et deux mosquées sont connues pour prêcher une idéologie salafiste. La ville  prône une approche basée sur la prévention de la discrimination impliquant l’ensemble des acteurs concernés (notamment police, animateurs de la jeunesse, éducateurs, jeunes, et familles).

> Une deuxième journée consacrée aux recommandations pour les acteurs locaux

La seconde journée avait pour objectif d’entamer la discussion sur les recommandations sur les politiques locales de prévention de la radicalisation. Les villes ont pu exprimer leurs priorités thématiques lors d’un brainstorming collectif pour ensuite peaufiner les résultats en travaillant en petits groupes. Ainsi, les participants se sont divisés en cinq groupes qui ont pu choisir et travailler sur les thématiques transversales au phénomène de la radicalisation (apparues pendant le brainstorming) très diverses telles que l’innovation, l’intégration sociale, la formation, la culture professionnelle, la participation de la société civile ou les diagnostics, entre autres.

Avec les informations récupérées lors de la restitution de ces échanges par les différents groupes, l’Efus préparera des premières pistes de recommandations qui seront ensuite partagées avec l’ensemble du consortium de PRACTICIES pour être  retravaillées dans une approche pluri-partenariale lors la réunion qui se tiendra à Rende (Région de Calabre, Italie) du 25 au 26 novembre. Les partenaires du projet pourront alors collaborer à l’écriture des recommandations à travers la plateforme Efus Network.

Dans le cadre de son module de travail, l’Efus continuera à organiser un échange intense entre les autorités locales et les institutions de recherche impliquées dans PRACTICIES et est chargé d’organiser la conférence finale du projet, au printemps 2020.

Le groupe de travail est ouvert aux autres villes membres intéressées.

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