Premier séminaire à destination des élus locaux du projet ALARM sur la coopération transfrontalière France-Belgique en matière de sécurité civile

Also in... (English)

Lille, France, mai 2018 – Le projet européen ALARM, développé dans le cadre du programme de coopération territoriale européenne Interreg France-Wallonie-Flandres, a organisé son premier séminaire à destination des élus locaux au siège de la Métropole européenne de Lille (MEL, FR), le 17 mai. Le thème principal de cette rencontre, qui a rassemblé une centaine d’élus des collectivités territoriales des deux côtés de la frontière franco-belge, était l’implication et la responsabilité des maires et des bourgmestres en matière de sécurité civile.

ALARM : 26 partenaires de France, Wallonie et Flandres

ALARM est un projet démarré en 2016 avec l’objectif de développer une coopération transfrontalière opérationnelle entre les acteurs de la sécurité civile de part et d’autre de la frontière franco‐belge sur un large éventail de risques transfrontaliers tels que les risques courants (incendie, accidents de la route), technologiques, industriels et naturels (inondations, mouvements de terrain) ou encore ceux d’origine humaine  (perturbation des réseaux de service, flux et mobilité).

Le projet rassemble 26 partenaires français, wallons et flamands : institutions, services techniques, opérationnels et scientifiques, et responsables et experts de la mise en oeuvre des politiques de sécurité civile. L’Efus y participe en tant que partenaire et coordinateur du module concernant l’implication des pouvoirs locaux, dans lequel s’inscrit le séminaire de Lille.

Sensibiliser les populations et renforcer la résilience

Le séminaire a été ouvert par Valéry Ficot, Directeur du Patrimoine et de la Sécurité de la MEL, qui a insisté sur la nécessité de créer une société plus résiliente en sensibilisant les populations à la sécurité civile. Après une présentation succincte du projet ALARM par le commandant du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Nord, Sébastien Descamps, Dominique Mizera, chargé de la Mission partenariats de la MEL, et Yves Van de Vloet, expert associé à l’Efus, sont intervenus sur les enjeux partagés des deux côtés de la frontière.

Ainsi, M. Van de Vloet a apporté des exemples et des données qui ont permis au public de comprendre que le territoire qui conforme la frontière entre la France et la Belgique constitue un bassin de risques communs, quelle que soit leur origine. De même, l’exemple de la catastrophe de Ghislenghien en Belgique, où l’explosion d’une conduite de gaz avait fait 24 morts et plus de 130 blessés en 2004, a été souvent cité comme le catalyseur qui a amené les pouvoirs publics des deux pays voisins à renforcer la collaboration entre leurs services de secours respectifs. En effet, au lendemain de l’accident,  un important groupe de sapeurs-pompiers de la région Nord (FR) avait été détaché en Belgique pour participer aux opérations de secours et de sécurisation du site. « Parce que le risque ne s’arrête pas à la frontière administrative, la coopération transfrontalière est non seulement souhaitable mais aussi nécessaire, » a ainsi souligné Yves Van de Vloet.

Le rôle clé des maires et des autorités locales

Dans une deuxième intervention, Yves Van de Vloet, cette fois-ci accompagné de Clément Stengel, maire adjoint à la Sécurité de la ville d’Amiens (FR) et  vice-président du Forum Français pour la Sécurité Urbaine (FFSU) et de l’Efus, ont mené la réflexion autour des enjeux et de l’importance pour les maires et bourgmestres  « d’être en première ligne de la coopération face aux risques », comme exprimé par M. Stengel. L’intervenant a fait ensuite le lien avec le travail mené par l’Efus et le FFSU pour promouvoir le rôle des pouvoirs locaux, un des piliers fondamentaux de l’action du réseau.

Dans le même sens, les responsabilités légales des élus ont été aussi rappelées puisque tant la législation française comme la belge situent les maires et les bourgmestres au coeur de la coordination de la réponse à une crise. Ainsi, ils doivent connaître les risques présents dans leur territoire, développer des diagnostics, veiller à la mise en place de leur plan local de sauvegarde mais aussi établir un plan de communication envers les citoyens qui soit véritablement effectif.

De ce fait, le deuxième volet de l’intervention a porté sur la capacité d’informer les citoyens sur les mesures et réflexes adéquats à prendre en cas de crise. M. Van de Vloet a souligné l’importance de sensibiliser citoyens et que leur résilience passe par « leur capacité à intégrer les plans locaux de sauvegarde ».

Renforcer les échanges entre collectivités des deux pays

L’analyse des résultats des plus de 500 questionnaires disséminés aux villes transfrontalières a permis de constater qu’il reste encore beaucoup à faire pour renforcer la coopération à l’échelle transfrontalière ainsi que les connaissances et la responsabilisation des maires et bourgmestres en matière de sécurité civile. Il faut toutefois noter que des efforts importants ont déjà été faits et ce, à différents niveaux d’intervention : élus locaux, techniciens et opérateurs des différents organismes concernés, et citoyens.

En conclusion du séminaire, Roger Vicot, maire de Lomme et président du FFSU, a préconisé l’organisation d’autres rencontres de ce type  à destination des élus pour les outiller davantage dans l’exercice de leurs fonction en matière de gestion des risques.

Le site web du projet ALARM : https://www.interreg-alarm.eu/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.