Radicalisation : les partenaires du projet PREPARE se réunissent à Malmö pour préparer leurs actions locales

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Malmö, Suède, mars 2018 — Les partenaires du projet européen PREPARE (PREventing radicalisation through Probation And RElease) sur la prévention de la radicalisation en prison et en probation ont participé les 15 et 16 mars à Malmö (Suède) à la deuxième réunion de coordination du projet, consacrée aux actions locales qui seront développées au deuxième trimestre. L’un des axes principaux du projet est la mise en oeuvre de neuf actions locales dans les villes et la région partenaires : Malaga et la région de Catalogne (Espagne), au travers de son service pénitentiaire, Bagnolet (France), La Haye et Rotterdam (Pays-Bas) et Vilvorde (Belgique). Dans le cadre du projet, ces collectivités sont accompagnées par le Forum européen pour la justice restaurative (Belgique), la Fondation Action Contre l’Exclusion (France), Fryshuset (Suède), le Violence Prevention Network et Denkzeit (Allemagne).

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Échanges autour des pratiques suédoises et danoises : principes directeurs pour les initiatives de prévention

Les partenaires PREPARE ont aussi eu l’opportunité d’apprendre à partir des expériences suédoises et danoises de prévention de la radicalisation grâce à plusieurs interventions et visites d’étude organisées par l’Efus et Fryshuset sur des programmes tels qu’EXIT-Suède à Stockholm, le projet Flamman à Malmö et la Plateforme VINK à Copenhague. Ils ont également assisté à une présentation des services pénitentiaire et de probation de Suède.

Si chacune de ces initiatives a des spécificités propres, elles ont aussi des facteurs communs de succès, notamment la construction de relations personnelles de confiance avec les bénéficiaires des interventions, un suivi permanent des cas, et une bonne coopération entre la prison, la probation et les autres organisations impliquées afin d’améliorer l’impact à long terme des interventions.

Établir des relations personnelles et de confiance est essentiel pour l’efficacité d’une intervention de prévention, surtout lorsque le ou les bénéficiaires, qu’ils soient considérés comme vulnérables ou bien soient déjà radicalisés, participent de façon volontaire. Ainsi, Robert Örell d’EXIT-Suède, un ancien extrémiste de droite qui anime aujourd’hui des programmes de sortie pour les suprémacistes blancs, a insisté sur l’importance de ne pas juger et ce, dès la première rencontre avec un « client », et de s’abstenir de présenter des contre-arguments.

En ce qui concerne l’évaluation et le suivi adéquat des cas, qui sont très importants pour contrôler le processus de sortie, les travailleurs sociaux et les ONG ont expliqué qu’il est important de rester en contact avec l’entourage des individus suivis, notamment lors des phases d’évaluation.

À propos de la coopération nécessaire entre la prison, la probation et d’autres institutions ou organisations, les participants ont souligné à quel point elle est importante pour préparer les individus à réintégrer la société, qu’ils soient délinquants, vulnérables ou radicalisés. Ils ont rappelé que les professionnels qui interviennent en prison ont rarement l’occasion de suivre leur client après sa libération. Il est donc important que les intervenants extérieurs coordonnent bien le processus de sortie de prison avec les services pénitentiaires afin de réduire les facteurs de risque, comme par exemple le retour d’un individu à son environnement extrémiste.

Élaborer des actions locales grâce aux échanges européens

L’objectif principal de la réunion était de travailler à l’élaboration des neuf actions locales qui seront mises en oeuvre par les collectivités partenaires du projet. Toutes ont présenté les objectifs de leurs actions et les activités envisagées. Elles ont aussi discuté de leurs difficultés et questions sur un certain nombre de sujets tels que le type d’acteurs à associer à l’équipe pluridisciplinaire qui gère les cas individuels et aux plateformes d’analyse, la participation d’associations extérieures au travail de prévention en prison avant la libération, et les opportunités et défis de la collaboration avec les anciens extrémistes pour élaborer des programmes de sortie et de mentorat.

Les partenaires du projet ont échangé avec les organisations partenaires –  Denkzeit, le Forum européen de la justice restaurative et le Violence Prevention Network – sur les principaux aspects des actions prévues, tels que le contenu des formations, le profil des bénéficiaires et le rôle des partenaires appelés à participer.

Ces actions ne seront pas mises en oeuvre avant l’automne mais l’Efus et les organisations partenaires du projet vont organiser dans les prochaines semaines des sessions préparatoires avec chacune des autorités locales du projet afin de rencontrer les partenaires locaux potentiels.

La prochaine réunion de coordination du projet PREPARE aura lieu à Malaga (Espagne) en novembre 2018 et sera consacrée aux phases plus avancées de préparation des actions locales : mobilisation des partenaires, mise en place d’activités et identification des défis à surmonter.

En savoir plus pour le projet PREPARE

Flag_of_Europe.svgPREPARE est financé par le Programme de Justice de l’Union Européenne (2014-2020).

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