Le ministre britannique de la Justice estime que « la prison est trop chère »

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Londres – 16 avril 2011 – L’augmentation du nombre de détenus en Grande Bretagne « n’est pas viable financièrement, elle n’a pas de sens et ne rapporte rien aux contribuables », a déclaré le ministre britannique de la Justice, Kenneth Clark, dans une interview publiée aujourd’hui par le quotidien The Times.

Dans le cadre du vaste programme de réduction des dépenses publiques engagé par la coalition conservateurs-libéraux démocrates de David Cameron et Nick Clegg, M. Clark prépare pour le mois prochain un projet de loi qui prévoit, entre autres, une importante réduction de la peine si l’accusé plaide coupable suffisamment tôt, ainsi que la réorientation des personnes atteintes de troubles mentaux vers des institutions non-pénitentiaires.

L’objectif est de réduire de 3.000 la population record de 85.000 détenus en Angleterre et au Pays de Galles. Le gouvernement a l’intention de réduire de 20% le budget de la détention et de la probation, actuellement de 4 milliards de livres (4,5 milliards d’euros), sur les quatre années à venir.

Selon Kenneth Clark, les medias et les groupes de lobbying entretiennent l’idée fausse selon laquelle les détenus vivent une vie facile. « Les prisons ne sont pas des hôtels. Elles ne sont pas confortables ; elles sont surpeuplées et bruyantes. Si vous visitez une prison, vous vous rendez compte tout de suite que l’atmosphère générale est que les détenus sont abrutis d’ennui. Cela ne rapporte rien aux contribuables de continuer à les envoyer en prison et de les stocker dans des prisons surpeuplées où la plupart d’entre eux ne font que s’endurcir. »

©Ken Clarke