La ville de Barcelone accueille Bruxelles et Alba pour la troisième visite du projet Sécurité et Tourisme

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Les 26 et 27 juin 2014 a eu lieu la visite du projet Sécurité & Tourisme à Barcelone. Des représentants des villes de Bruxelles (BE) et Alba (IT) ont pu prendre connaissance des stratégies et pratiques mises en œuvre pour inclure la dimension de la sécurité dans la politique de tourisme de Barcelone.

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L’histoire touristique de la ville dans la période moderne a été marquée notamment par l’organisation des JO en 1992 qui a « changé la face de la ville et l’a positionnée en tant que ville touristique au niveau mondial, » a rappelé Joan Torrella, directeur du Tourisme de la ville de Barcelone. Parmi les 27 millions de touristes qui fréquentent Barcelone chaque année, 7,5 millions y restent au moins une nuit. Pour une ville de 1,6 million d’habitants, la pression touristique est intense. Celle-ci s’exerce particulièrement dans la zone gothique de la vieille ville et se concentre autour de quelques monuments exceptionnels, comme la Sagrada Familia, le Parc Guell ou encore la Rambla.

Afin de permettre aux habitants de conserver un sentiment d’appartenance à leur ville face à ce flot important de touristes, la municipalité de Barcelone travaille notamment pour déconcentrer une partie du tourisme sur l’ensemble de la ville, qui est divisée en 10 arrondissements dont chacun propose une offre susceptible de retenir l’attention des touristes.

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En matière d’action policière, les participants ont pu constater l’étroite collaboration entre la police locale, la Guardia Urbana, et la police régionale, les Mossos d’Esquadra, en visitant le centre de contrôle de la police opéré conjointement. Ils ont également pu visiter le district d’Horta, une zone excentrée a priori non touristique mais qui dispose d’atouts majeurs qui sont mis en avant par la stratégie de déconcentration, et notamment le magnifique hôpital Sant Pau récemment restauré.

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Un des principes qui anime la politique touristique de Barcelone est celui de « conserver une égalité de traitement entre les touristes et les citoyens », a expliqué Josep Mª Lahosa, directeur prévention de la ville. En effet, les actions favorisant un sentiment de sécurité, l’aide aux victimes, la gestion des problématiques liées aux grands évènements ou aux activités de loisirs, sont pensées à la fois pour les touristes en tant que citoyens temporaires et les citoyens permanents de la ville. Par exemple, aucun service de police spécifique ni de circuit d’aide aux victimes parallèle n’existent pour les touristes à Barcelone. En revanche, un effort important est fait pour gérer les externalités négatives du tourisme et améliorer chaque expérience touristique dans le cadre d’une ville à haute qualité de vie. Des stratégies de communication différentes sont menées en fonction des groupes cibles.

Les participants ont apprécié lors de la visite les présentations sur « l’énorme travail de programmation et d’organisation de politiques et stratégies sur le thème de sécurité de la ville de Barcelone », mais aussi la possibilité de se confronter concrètement à la réalité de la ville. Selon un participant, « malgré une apparente baisse des chiffres de criminalité, il semble que le sentiment d’insécurité reste fort à Barcelone comme ailleurs. En matière de gestion touristique il faut donc garantir la bonne coordination des actions entre police et prévention, ville et secteur associatif. »

Barcelone sera une source d’inspiration pour les deux villes invitées. Bruxelles pourrait notamment s’inspirer d’un dépliant de prévention à destination des touristes mais aussi profiter de l’expérience de Barcelone sur les questionnaires de victimation. La ville d’Alba, bien que beaucoup plus petite (30 000 habitants), a relevé le besoin commun d’un meilleur accès à l’information pour les touristes et pourrait bénéficier de l’expertise de Barcelone en matière de gestion de grands évènements.