La ville d’Alexandroupolis invite le Forum à visiter la zone frontalière avec la Turquie, où le gouvernement grec projette de construire un mur « anti-immigration »

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Située à quelques kilomètres la Turquie, au nord-est de la Grèce, la ville d’Alexandroupolis, membre du Forum, est concernée au premier chef par le plan du gouvernement de George Papandreou de construire un mur sur une douzaine de kilomètres le long de la frontière, pour freiner l’immigration illégale.

Ce projet a amené le président du Forum, Guilherme Pinto, à écrire au maire d’Alexandroupolis, Evaggelos Lambakis, pour lui exprimer sa préoccupation. Ce dernier a répondu en appelant de ses voeux l’ouverture d’un débat au sein du réseau sur l’importance de l’immigration illégale dans les politiques urbaines, soulignant combien les municipalités comme la sienne sont affectées par ce phénomène.

Alexandroupolis a également envoyé trois délégués au Comité exécutif qui s’est tenu à Vienne le 24 février et a invité les membres du CE à visiter la ville et la région où la construction du mur est prévue.


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Le gouvernement grec a annoncé en décembre dernier son projet de construire un mur de trois mètres de haut sur une longueur de 12km le long de sa frontière avec la Turquie, dans la région nord-orientale de la Thrace où il n’existe pas de barrières naturelles. Selon Athènes, quelque 128.000 immigrants sont illégalement entrés en Grèce par cette région l’année dernière et 90% de l’immigration illégale en Europe transite aujourd’hui par la Grèce.

L’Union européenne a exprimé de fortes réserves sur ce projet. « Les murs ou les grillages sont des mesures à court terme qui ne permettent pas de s’attaquer de manière structurelle à la question de l’immigration clandestine », avait déclaré un porte-parole de la commissaire chargé de la sécurité, Cecilia Malmström. L’Organisation des Nations unies a condamné l’initiative grecque. Depuis, la Bulgarie – qui souhaite entrer dans l’espace Schengen, qui permet la libre circulation de ses membres sur le territoire européen –, a annoncé qu’elle souhaitait à son tour construire une clôture à sa frontière avec la Turquie.

Au delà des aspects sécuritaires, la question des droits humains fondamentaux revêt à l’heure actuelle un caractère d’extrême urgence. En effet, dans le cadre d’un rapport publié le 8 mars 2011, l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) dépeint une situation dramatique dans les centres de rétention situés le long de la frontière. L’agence souligne également l’absence de toute mesure d’urgence de la part des autorités grecques (malgré des fonds européens disponibles) ainsi que le manque de coordination au niveau local, dû notamment au fait que les compétences ne sont pas clairement reparties.

Le gouvernement turc, confronté aux flux migratoires originaires du Moyen Orient, d’Asie, du Caucase et, de plus en plus, d’Afrique, s’est tenu à l’écart de la controverse.

La France a soutenu le projet du gouvernement grec par la voix de Brice Hortefeux, alors ministre de l’Intérieur, lors d’une visite à Athènes en janvier dernier.

(sources : The Guardian, Le Monde)