« Nous espérons bénéficier de l’échange de solutions innovantes et de bonnes pratiques » Henriette Reker, maire de Cologne

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Pourquoi avez-vous choisi d’adhérer au Forum européen pour la sécurité urbaine ?

Henriette RekerL’adhésion de Cologne à l’Efus et au Forum allemand DEFUS est tout à fait en ligne avec le développement de notre politique de sécurité. La sécurité urbaine et celle de l’espace public sont des sujets importants, depuis bien avant les incidents du Nouvel An*. Notre objectif est de développer davantage et de professionnaliser la stratégie de sécurité de Cologne, et ainsi d’améliorer la sécurité citoyenne de façon perceptible et durable.

Dans le passé, Cologne a fait évoluer avec succès ses stratégies de sécurité urbaine en coopérant avec diverses institutions, autorités et les acteurs locaux. Les réformes les plus marquantes sont la signature d’un accord de coopération avec la police, l’établissement de la Maison de la Justice juvénile de Cologne, la création de la conférence de la sécurité et du Conseil de Prévention de la Délinquance, les réformes de la réglementation municipale, et la modernisation de nos services de sécurité.

À présent, la ville de Cologne souhaite rejoindre des réseaux européens de collectivités et d’institutions locales tels que l’Efus afin de renforcer la coopération, l’échange d’expériences et le transfert de connaissances.

Quelle est la valeur ajoutée de travailler avec d’autres collectivités locales ?

Les collectivités peuvent apprendre les unes des autres grâce au transfert de connaissances et l’échange d’expériences. La ville de Cologne cherchera à bénéficier de et contribuer à l’expertise rassemblée par Efus et le DEFUS. Nous saisirons cette opportunité pour élaborer des politiques de sécurité plus efficaces et durables et pour améliorer nos stratégies en les rendant plus précises et globales.

En rejoignant l’Efus et le DEFUS, nous espérons bénéficier de l’échange de solutions innovantes et de bonnes pratiques. Cela renforcera les capacités de notre ville à trouver les réponses adaptées aux nouveaux phénomènes criminels, qui sont souvent globaux et qui posent de sérieuses difficultés à nos communautés locales.

L’Efus et le DEFUS propose un échange intense notamment dans le domaine de la prévention locale de la criminalité, mais aussi de la lutte contre les crimes et délits. De plus, le fait d’être membres permet d’accéder à des coopérations et des partenariats dans le domaine de la prévention, ainsi qu’à des projets collaboratifs menés par l’Efus et financés par l’UE. J’ai hâte de contribuer à ces activités communes !

Quelles sont vos priorités en matière de sécurité ?

Actuellement, notre priorité est d’améliorer le sentiment de sécurité des habitants de Cologne. C’est le thème sur lequel la ville travaille le plus intensément en ce moment, en collaboration avec la police. De plus, une de nos priorités est de renforcer la coopération avec d’autres villes et avec la police.

Votre ville a-t-elle une stratégie municipale de prévention ?

La stratégie de prévention de Cologne est fondée sur le principe de la coopération. C’est à travers les partenariats, les réseaux et les groupes de travail sur des sujets tels que les chauffards et les courses de voiture illégales dans nos rues, l’accueil et l’intégration des réfugiés, la prévention de la consommation de drogue, la violence dans les écoles ou les graffitis sur l’espace public que nous voulons être particulièrement vigilants et gérer les problèmes avant qu’ils ne dégénèrent en conflits.

Depuis le début des années 90, Cologne, comme beaucoup d’autres villes allemandes, a établi des Conseils locaux de Prévention de la Délinquance qui rassemblent les acteurs locaux et discutent des problèmes complexes de leur localité, échangent des informations et organisent des activités communes. Des représentants des districts, le bureau municipal local, des membres des autres départements administratifs locaux, la police locale et, quand nécessaire, d’autres institutions participent à ces réunions. Les Conseils locaux de Prévention se réunissent régulièrement, notamment lors d’événements spéciaux dans leur district. Les priorités et les besoins de chaque district sont très différents.

Outre la police, d’autres partenaires locaux coopèrent avec les Conseils locaux de Prévention : le parquet, la police fédérale, le tribunal de district, la chambre d’industrie et de commerce, les fournisseurs locaux d’énergie, les entreprises de gestion des déchets, les compagnies de transport, les églises, et des organisations et associations privées.

À la suite des événements du Nouvel An, la ville de Cologne a renforcé son dispositif de sécurité, notamment autour des espaces publics et lors de grands rassemblements spontanés, tels que les célébrations du Nouvel An. Aujourd’hui, la municipalité, en coopération avec la police et d’autres responsables, est responsable de la prévention de la criminalité et notamment de répondre aux situations d’urgence et de maintenir la sécurité dans ce type de situation. C’est-à-dire qu’elle assume ses responsabilités en ce qui concerne la sécurité des habitants et des communautés locales. De plus, plusieurs mesures ont été prises pour améliorer la situation autour de la cathédrale : des offres d’aide sociale renforcées, amélioration de l’éclairage public et de la propreté, un contrôle plus serré des infractions, le recrutement de personnel dans les services de sécurité, une surveillance accrue de la police, et l’adaptation de la législation municipale.

Par ailleurs, et en réponse directe aux événements du Nouvel An, j’ai invité en janvier 2016 les représentants des villes d’Aix-la-Chapelle, Bonn, Düsseldorf, Essen, Leverkusen et Oberhausen à une réunion inter-villes au cours de laquelle nous avons adopté la Déclaration de Cologne. Ce document en dix points demande aux autorités régionales et fédérales un soutien accru pour répondre aux besoins et à la demande du public en matière de sécurité urbaine. Les niveaux régional et fédéral sont des partenaires importants, car ce sont eux qui fixent le cadre des pratiques et stratégies locales.

Quelle est l’initiative de prévention locale dont vous êtes la plus fière ?

Nous menons beaucoup d’activités en matière de prévention de la délinquance à Cologne ! Mais je voudrais attirer l’attention sur notre conseil consultatif « Nouvelles zones libres de prostitution à Cologne Sud ». Depuis l’été 2011, ce conseil consultatif collabore avec la police, les hommes politiques locaux, l’administration et les élus des districts de Hürth et Brühl pour superviser l’établissement de zones restreintes dans le sud de Cologne. Cet organe a une mission de conseil et de soutien, notamment celle de contrôler l’effet de l’imposition d’une telle zone restreinte sur les groupes et communautés locaux, et propose si besoin des amendements et des améliorations. L’objectif de ces nouvelles zones restreintes est de pousser la prostitution hors des zones résidentielles, notamment pour protéger nos enfants et nos jeunes. Le travail du conseil consultatif et des partenaires s’est avéré très fructueux. Alors que cette mesure avait été conçue de façon temporaire, elle est maintenant permanente.

Quels sont les principaux problèmes que votre ville voudrait aborder avec les institutions européennes par le biais de l’Efus ?

Les sujets importants pour l’échange d’expériences et de bonnes pratiques avec les membres de l’Efus et du DEFUS, et au-delà avec les institutions européennes, sont la sécurité publique urbaine, l’intégration des services de sécurité, notamment la police, au sein d’une structure globale et intégrée, et les défis que représentent l’évolution démographique et l’urbanisation croissante de nos villes, notamment les déchets, le bruit et les conflits sociaux.

*Ndlr : lors des célébrations du Nouvel An en janvier dernier, sur la place principale de Cologne, des centaines de cas de harcèlement sexuel, cinq cas de viol, des violences physiques et des vols ont été commis contre des jeunes femmes. Selon la police fédérale, les auteurs étaient principalement de jeunes hommes migrants originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Plus d’un millier de cas ont été signalés à la police, non seulement à Cologne mais aussi dans plusieurs autres villes allemandes. Ces événements ont fait l’objet d’une intense couverture presse dans les médias internationaux et allemands et ont alimenté le débat national sur l’immigration et l’asile.