La Grèce assume la présidence tournante de l’Union européenne à un moment crucial

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Paris, janvier 2014 – Depuis le 1er janvier 2014, la Grèce assume la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, pour la cinquième fois depuis son adhésion à la Communauté européenne en 1981.

Les hasards du calendrier des « tours » de présidence européenne donnent à ce mandat une portée exceptionnelle du fait que la Grèce présidera aux élections européennes du mois de mai prochain dans un contexte de désenchantement envers les institutions européennes.

Alors que l’Europe s’est imposé des politiques budgétaires restrictives pour sauvegarder la stabilité financière et la consolidation des finances publiques, la présidence grecque sera placée sous le signe de la parcimonie. « Nous dépenserons moins que les présidences précédentes, » a déclaré un fonctionnaire grec à la presse à Bruxelles le 1er octobre. 

Voici un résumé des grands principes énoncés par la présidence grecque sur son site web dédié (http://www.gr2014.eu) :

Le renforcement de l’engagement civique et de la société dans l’UE grâce à des politiques et des initiatives en réponse aux problèmes quotidiens des citoyens, de leurs préoccupations et insécurités. Les efforts porteront essentiellement sur la reprise économique, l’emploi, la cohésion, la mobilité des citoyens de l’Union et la sécurité européenne, interne et externe ;

Le renforcement de la légitimité démocratique et la responsabilité dans l’UE, mais aussi de la solidarité parmi les États membres et le renforcement des droits civils.

La politique migratoire sera parmi les priorités du mandat de la Grèce.  L’instabilité dans les pays situés à la périphérie de l’Europe, avec la persévérance des causes qui conduisent à des flux migratoires toujours plus importants vers l’Europe, représente un poids supplémentaire pour les états-membres, de surcroît alourdi par la crise économique, alors que tous les efforts devraient être axés sur des réformes visant à préserver la stabilité et la relance de la croissance. Or ce poids incombe surtout aux états-membres situés aux frontières de l’Europe, en particulier au sud, qui sont justement les plus fortement touchés par la récession et le chômage.

Dans ce contexte, la présidence grecque compte s’efforcer de mettre en évidence les aspects positifs d’une gestion globale de la migration, non seulement du point de vue humanitaire mais aussi parce qu’une telle gestion contribuera à stimuler la croissance.

Plus précisément, les politiques liées à la migration, dans le cadre de « l’approche globale des migrations »  constituent, depuis 2005, le cadre des politiques de l’UE ainsi que la coopération de l’UE avec les pays extérieurs à l’Union (partenariats pour la mobilité avec les pays tiers, PPMs).

Cette approche a trois objectifs :

  • améliorer et mieux organiser la migration légale et la mobilité facilitée,
  • éviter ou réduire la migration illégale d’une manière efficace, tout en préservant le respect des droits de l’Homme, 
  • renforcer les synergies entre migration et développement.

Alors que « Programme de Stockholm 2010-2014 » expire cette année, la présidence grecque va travailler sur la formulation de la vision stratégique et des priorités des politiques de l’UE pour les années 2014 à 2018. Dans ce cadre, elle va promouvoir la mise en œuvre du « Système européen commun d’asile » et mettra l’accent sur des mesures de solidarité afin d’aider les états-membres les plus touchés par la migration.

Par ailleurs, la création d’un espace de liberté, de sécurité et de justice a été un objectif majeur pour l’UE et continuera de l’être. « Il est plus que jamais nécessaire de renforcer la politique européenne commune en matière de justice et affaires intérieures, » affirme la présidence grecque. « Cette politique commune doit reposer sur la solidarité, la responsabilité conjointe et la coopération entre les états-membres. »

Site de la présidence grecque de l’UE : http://www.gr2014.eu