La Slovaquie prend la présidence de l’UE dans un contexte sans précédent

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Paris, juillet 2016 – La Slovaquie (5,4 millions d’habitants) a pris la relève des Pays-Bas à la présidence tournante de l’Union européenne le 1er juillet, à un moment où l’Union affronte des défis sans précédent à la suite du « Brexit », alors que la Grande Bretagne devait lui succéder au premier semestre 2017. Membre du « Groupe de Visegrad » qui rassemble divers pays d’Europe centrale et orientale, la Slovaquie a annoncé que l’une de ses principales priorités serait de mettre en oeuvre une « politique durable en matière de migration et d’asile ». Dans le domaine Justice et Affaires intérieures, les priorités sont la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, la fraude financière et la cybercriminalité.

Dans son programme de présidence, un document de 38 pages, la République slovaque, membre de l’UE depuis 2004, reconnaît qu’elle est amenée à présider l’UE « à un moment où [celle-ci] affronte une situation sans précédent. Le résultat négatif du référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union nous place face à un nouveau défi. Nous voilà saisis, pour la première fois dans l’histoire, des problèmes pratiques et politiques posés par la sortie de l’un des États membres de l’UE.  Dans ce contexte, un exercice d’introspection s’impose à l’Union européenne comme une nécessité vitale. Une telle réflexion devrait porter sur les moyens de restaurer la confiance des citoyens dans le projet européen commun, mais aussi sur la manière de leur présenter les bénéfices tangibles de l’Union et de défendre les acquis du processus d’intégration sur notre continent. Nous avons besoin d’une Europe qui fasse preuve de cohésion et qui présente une meilleure lisibilité. »

Il s’agit là de toute évidence d’un défi majeur et inattendu pour l’Europe et le Premier ministre slovaque, Robert Fico, considéré comme un « populiste », a clairement fait savoir qu’il ferait entendre la voix des petits pays et ne laisserait pas les membres fondateurs imposer leurs vues.

Concernant les priorités générales du mandat de six mois à la présidence (jusqu’au 31 décembre 2016), le programme présente quatre grands domaines prioritaires :

  • Une Europe économique forte : la présidence slovaque entend se concentrer sur les initiatives qui permettront de créer un environnement propice à l’investissement et au développement de l’Union.
  • Un marché unique moderne : « Le marché unique est considéré comme une réussite majeure de l’Union européenne. La présidence slovaque entend poursuivre le développement de projets tels que l’Union de l’énergie et le Marché unique numérique. »
  • Une politique viable en matière de migration et d’asile : « L’Europe est confrontée à des flux migratoires sans précédent qui sont à l’origine d’une forte pression exercée sur les frontières extérieures de l’UE et sur les systèmes d’asile des États membres. La présidence se donne pour ambition d’orienter l’Union vers une politique soutenable en matière de migration et d’asile.
  • Une Europe pleinement engagée sur la scène mondiale : la présidence slovaque cherchera à « renforcer la position de l’UE dans le monde ».

En ce qui concerne le domaine de la Justice et des Affaires intérieures, la présidence slovaque entend « poursuivre le développement des politiques de l’UE en matière de migrations, d’asile, de frontières et de visas. » Il est à noter que M. Fico a adopté une position très ferme sur la question des réfugiés, refusant avec véhémence les quotas proposés par l’Allemagne. Cependant, on s’attend à ce qu’il adopte une position beaucoup plus mesurée en tant que principal porte-parole de la présidence de l’UE. Le programme insiste sur la nécessité de « maintenir l’intégrité et de restaurer le bon fonctionnement de l’espace Schengen », ainsi que de « protéger les frontières extérieures de l’UE ».

Une autre priorité dans le domaine Justice et Affaires intérieures est la lutte contre le terrorisme, qui est liée selon la Slovaquie aux contrôles frontaliers et à une coopération judiciaire transnationale. Enfin, le programme évoque la lutte contre la fraude financière et la cybercriminalité comme des domaines d’intérêt particulier.