Compte rendu de l’Audition au Parlement Européen, 23 février 2006

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Le 23 février 2006, le Forum Européen pour la Sécurité Urbaine a organisé un débat sur l’élaboration d’un schéma de politique européenne de prévention. Cette rencontre a marqué la première étape de l’affirmation d’une vision intégrée de la sécurité en Europe, qui aboutira avec la Conférence de Saragosse, les 2-4 novembre 2006, organisée par le FESU pour tous les acteurs européens et internationaux de la prévention.

Cette initiative a été réalisée avec la participation de la Commission des Libertés Civiles, de la Justice et des Affaires Intérieures du Parlement Européen, et a réuni de nombreux parlementaires, élus locaux et régionaux et représentants des institutions et organisations européennes et internationales.

Les débats de la journée ont mis en lumière le rôle fondamental du niveau local dans l’élaboration et la mise en place de politiques de prévention intégrées.

En introduction, M. Jean- Marie Cavada, président de la Commission des Libertés Civiles, de la Justice et des Affaires Intérieures du Parlement Européen, a souligné l’importance d’apporter une réponse aux attentes des citoyens, qui voudraient voir des progrès dans le domaine de la sécurité ainsi que dans le renforcement de la cohésion sociale des villes. L’intervention de M. Gerardo Galeote Quecedo, président de la Commission du Développement Régional du Parlement Européen, a permis de souligner l’importance croissante de la thématique de la sécurité dans les politiques de développement régional.

Le Commissaire Franco Frattini, Vice-Président de la Commission a annoncé les grandes lignes et les priorités du nouveau cadre d’action communautaire en matière de prévention et sécurité (2007-2013) qui se focalisera sur l’inclusion, l’intégration et l’éducation à la légalité et aux valeurs européennes. De plus, le commissaire Frattini a souligné la nécessité d’un rapprochement et d’une coopération entre les gouvernements nationaux et locaux afin de produire une valeur ajoutée à la stratégie européenne. Une clarification des secteurs de compétence des divers organismes et structures ainsi qu’une professionnalisation des acteurs est désormais indispensable pour donner une réponse aux phénomènes des crises tels que les violences dans les banlieues ou les manifestations d’intolérance. 

Une proposition au Conseil est en préparation pour transformer les orientations du plan d’action de La Haye en propositions concrètes. Celles-ci seront débattues avec le Parlement, les Etats nationaux, les gouvernements territoriaux, la société civile, afin d’élaborer une stratégie européenne.

Le Président du FESU, M. Freddy Thielemans, Bourgmestre de Bruxelles, a rappelé  l’importance d’une rencontre entre le Forum Européen – réseau de 300 collectivités territoriales – et les institutions européennes. C’est une opportunité pour l’Europe d’entendre la voix des préoccupations des élus des villes et des habitants. C’est aussi une opportunité de souligner la nécessité de l’intégration des questions de prévention et de sécurité au sein des politiques de développement, et notamment de la régénération des quartiers en difficulté. Devenant une des préoccupations majeures des citoyens, la sécurité n’est plus seulement une question de police et de justice, mais aussi de l’ensemble des acteurs des politiques publiques des villes.

La première table ronde était consacrée aux « défis actuels en matière de  sécurité : la double globalisation de la menace et de la réponse à apporter ». A travers les interventions de Mme Beate Winkler (directrice du Centre Européen du Monitoring du Racisme et de la Xénophobie), de Mme Helga Konrad (représentante spéciale de l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe)) et de M Rinaldo Bontempi, représentant Mme Mercedes Bresso (Présidente de la région Piemonte), elle a traité des liens entre le crime organisé et la criminalité de masse, notamment à travers l’exemple de la traite des êtres humains, et des menaces spécifiques que constituent le racisme et la xénophobie, qui peuvent alimenter les violences urbaines ou interpersonnelles. L’isolement des citoyens et leur méfiance envers les autorités peuvent conduire à des violences et d’autres conflits urbains. Pour cette raison, il est très important de développer les capacités d’intervention des gouvernements locaux et leurs réactions face aux violences et aux crimes. Il est également nécessaire de renforcer les cadres des coopérations internationales entre les organisations actives dans ce domaine.

La deuxième table ronde à réuni les interventions de M I.W. Opstelten (maire de Rotterdam et rapporteur pour le Comité des Régions du programme de La Haye), de M Christophe Caresche (Député français et Adjoint au maire de la ville de Paris) et M. Ben Judah (du Home Office, et représentant le Réseau Européen pour la Prévention de la Criminalité). Elle s’est intéressée au rôle du niveau local dans l’élaboration et la mise en place de politiques de prévention intégrées : le développement des politiques n’est possible que lorsque les actions des niveaux locaux et nationaux sont intégrées. De plus en plus souvent, les villes deviennent les partenaires principaux dans le domaine de la sécurité, y compris dans la lutte contre le terrorisme. Le renforcement de la concertation en vue de la préparation des programmes nationaux en matière de sécurité et d’après les recommandations du programme de La Haye doit être approfondi. Pratiquée par des réseaux tels que le REPC et le Forum Européen pour la Sécurité Urbaine, la diffusion permanente des bonnes pratiques visant à promouvoir de nouvelles méthodes de prévention est un bon support pour cette concertation.

2007-09-19

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