Présidence irlandaise de l’Union européenne : stabilité, emploi et croissance

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La République d’Irlande assume depuis le 1er janvier la présidence de l’Union européenne, jusqu’à la fin juin. Elle prend les rênes de l’Europe à un moment de crise sans précédent, non seulement économique et financière mais aussi politique, comme en témoigne l’annonce par le Premier ministre britannique, David Cameron, d’un projet de référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE d’ici à2017. Ace titre, les « europhiles » estiment que cette présidence irlandaise tombe bien, dans la mesure où Dublin est probablement le mieux placé pour défendre auprès de Londres l’importance et l’intérêt de rester dans l’Union.

C’est la septième fois que l’Irlande préside l’Union européenne depuis son adhésion, il y a 40 ans. C’est donc un pays expérimenté qui assume cette présidence tournante, ce qui représente également un atout de poids dans le contexte de crise actuel. Conformément à la législation européenne, c’est une troïka qui préside l’Union, par rotations de six mois, pour la période janvier 2013-juin 2014. Ainsi, à l’Irlande succéderont la Lituanie puis la Grèce.

Gravement touchée par la crise depuis 2008, l’Irlande souhaite que son mandat soit celui de « la stabilisation, de l’emploi et de la croissance », des priorités qui font pièce à ce que l’on pourrait appeler le credo « tout-austérité » défendu par une partie des pays européens. « Les effets sociaux et économiques de la crise ont provoqué un niveau inacceptable de chômage et de difficultés pour de nombreux Européens, et notamment les Irlandais, » affirme le programme officiel de la présidence irlandaise.  » L’Union européenne vient de recevoir le Prix Nobel de la Paix pour avoir réussi à établir une paix durable. Son projet principal pour 2013 et au-delà est de restaurer une prospérité équitable et durable sur le long terme. »

Sur le plan de la Justice et des Affaires intérieures, l’une des priorités sera la lutte contre la fraude trans-frontalière, ce qui va de pair avec un accès facilité à la Justice pour les personnes et les petites entreprises dans les cas de conflits trans-frontaliers. Une autre priorité est la lutte contre le terrorisme et le crime organisé avec notamment une meilleure coopération entre les polices des différents Etats membres. La troisième priorité est la gestion des flux d’immigration, avec un meilleur contrôle aux frontières et la finalisation du Système européen d’asile (European Asylum System). Enfin, la quatrième priorité est de « renforcer les droits des citoyens », un thème particulièrement cher à la présidence irlandaise en cette Année européenne des Citoyens. « La présidence travaillera intensément pour développer le programme Droits et Citoyenneté, qui comprend des mesures contre la violence envers les femmes et les enfants, pour la promotion des droits des citoyens, des droits des enfants, la non-discrimination, l’égalité des sexes, la protection des données et celle des consommateurs dans le marché unique. »

C’est également sous cette présidence que sera adopté le plan d’action de l’UE sur les drogues pour la période 2013-2016. D’ailleurs, le Forum de la Société Civile sur les Drogues, auquel participe l’Efus, est en contact étroit avec la commission et la présidence afin de faire part de ses recommandations sur ce plan d’action.

Dans le cadre de la présidence irlandaise, Dublin accueillera en février 2013 la conférence “La diversité : un atout pour les villes”, organisée dans le cadre de l’initiative Cités interculturelles du Conseil de l’Europe. Trois villes membres de l’Efus, Lisbonne (PT), Reggio Emilia (IT) et Setubal (PT), participeront à cette conférence, ainsi qu’Elizabeth Johnston, déléguée générale de l’Efus, qui animera la session “Approches interculturelles de la sécurité et du développement des quartiers”.