Côte d’Ivoire : l’Efus participe avec le Forum ivoirien à un séminaire de formation d’agents municipaux à la sécurité communautaire

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Abidjan, Côte d’Ivoire, avril 2014 – Le Forum ivoirien pour la sécurité urbaine a organisé, en partenariat avec le Forum européen, un séminaire de formation des coordonnateurs municipaux de sécurité ivoiriens destiné à leur permettre d’acquérir des connaissances théoriques et de valoriser leur expérience ; ce séminaire de trois jours a eu lieu du 23 au 25 avril 2014 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Cette formation entrait dans le cadre de la coopération entre le Forum européen et le Forum ivoirien pour la mise en œuvre du programme d’appui aux communes à la gouvernance de la sécurité urbaine, qui est cofinancé par l’Union européenne. La formation alternait des exposés thématiques et des comptes rendus d’expériences nationales et européennes avec des visites de terrain sur les sites d’intervention du Programme d’appui à la sécurité urbaine (PASU), dans certains quartiers d’Abidjan et de sa périphérie. Le Forum européen était représenté par Maye Seck, chef de projet, et Patrick Salou, expert.

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Une meilleure compréhension des enjeux de sécurité

Le séminaire a permis aux participants d’avoir une meilleure compréhension des enjeux globaux de sécurité, depuis les responsabilités régaliennes de l’État (missions de police et de gendarmerie) à celles dévolues aux maires au plan local, en présentant également les services proposés par certains opérateurs comme les prestataires de sécurité privée. Les intervenants ont notamment insisté sur le rôle central du maire pour lancer une dynamique de sécurité appuyée sur des partenariats locaux.

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Environ 70 participants ont pris part à cette formation, venus de divers horizons : coordonnateurs expérimentés et en devenir, fonctionnaires de différentes administrations, policiers municipaux, élus de villes importantes et de communes rurales. La diversité desreprésentants institutionnels était à l’image de la diversité des coalitions locales : Préfet, maire, police nationale et municipale, gendarmerie, administration pénitentiaire, représentants des syndicats de copropriété … Néanmoins, on a pu remarquer quelques absences, notamment celle de représentants de la Justice (procureur, juges, services judiciaires), malgré la présence de l’administration pénitentiaire, mais aussi de l’Éducation nationale, du secteur associatif ou de certains opérateurs comme les transporteurs ou encore les acteurs sociaux et sanitaires.

Un contexte encore incertain

En raison notamment du grave conflit civil qui a eu lieu en 2010-2011, la sécurité physique des personnes reste la préoccupation majeure des citoyens ivoiriens. Mais les carences de l’État et le manque de services publics pèsent encore lourdement et dans certains quartiers, les habitants prennent eux-mêmes en main leur sécurité, par exemple en « privatisant » certains espaces publics par la pose d’une barrière pour contrôler l’accès à une rue.

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Le maire est parfois le dernier recours pour pallier ces défaillances alors qu’il ne dispose que de faibles moyens budgétaires et techniques. Il est donc nécessaire que ses responsabilités soient précisées en matière de sécurité urbaine, car s’il a un réel pouvoir de décision il ne peut être comptable de tous les aspects règlementaires. Par exemple un maire, s’il est responsable de la police municipale, ne l’est pas quant à l’organisation professionnelle de ce corps de métier (statut, recrutement, formation).


Une identité à consolider

Les coordonnateurs jouent un rôle essentiel dans les quartiers des villes ivoiriennes, où ils agissent par exemple contre les incivilités telles que nuisances sonores ou dépôts « sauvages » de détritus. Le séminaire a mis en lumière la nécessité de renforcer la communication entre les coordonnateurs de sécurité, afin que tous partagent une même vision globale de leur mission et puissent capitaliser leurs expériences et échanger leurs bonnes pratiques. Un outil internet pourrait répondre à ce besoin.

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Par ailleurs, les participants ont insisté sur leur besoin d’une formation continue et formalisée et exprimé le souhait que l’appui du Forum ivoirien aux communes soit renforcé.
Cette formation demande à être reprise par des rencontres régulières et selon un programme de formations thématiques réparti sur plusieurs mois.

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